Après le lancement de Mario Kart World pour accompagner la sortie de la Nintendo Switch 2 l’année dernière, la récente console de Nintendo n’avait toujours pas accueilli de nouveau jeu mettant en scène la mascotte moustachue. Il aura donc fallu attendre ce mois de février 2026 pour découvrir Mario Tennis Fever, nouvel opus de la saga exclusivement disponible sur la machine. Après le succès critique de Mario Tennis Aces, une question se pose : cet épisode parvient‑il à faire mieux que son prédécesseur ?
Testé sur Nintendo Switch 2 grâce à une version numérique fournie par l’éditeur
La fièvre monte sur Nintendo Switch 2
Premier jeu de sport estampillé Mario sur la récente console de Nintendo, Mario Tennis Fever était particulièrement attendu après la réussite de Mario Tennis Aces en 2018. Et pour le coup, on peut dire que Camelot Software Planning a une nouvelle fois réalisé un travail solide, notamment sur le plan technique. Le jeu reprend le moteur de l’épisode précédent, mais avec davantage de finesse et des animations encore plus soignées. Le fait d’évoluer sur des terrains fermés facilite évidemment la tâche, mais le résultat global reste très satisfaisant.

Contrairement à de nombreux jeux disponibles sur la machine, Mario Tennis Fever ne propose qu’un seul mode graphique, aussi bien en portable que sur téléviseur. Grâce au DLSS, le titre atteint la résolution maximale possible sur Nintendo Switch 2 en mode docké, soit de la 4K (2160p). En solo, le jeu tourne à 60 fps stables en toutes circonstances, quel que soit le mode de jeu. En multijoueur, il faut accepter quelques légères baisses de framerate, notamment sur les terrains les plus détaillés du mode Défi. Rien de dramatique, mais on aurait apprécié un 60 fps parfaitement constant. Une future mise à jour pourrait corriger cela.
Sur le plan technique toujours, il faut saluer la présence de cinématiques pour illustrer les péripéties du mode Aventure. Elles sont peu nombreuses, certes, mais très réussies pour un jeu du genre. On sent que les développeurs maîtrisent parfaitement le moteur mis à disposition par Nintendo. Reste une histoire assez convenue, mais qui remplit son rôle sans fausse note.

Une transition idéale pour aborder ce qui constitue l’une des principales forces de Mario Tennis Fever : la richesse de ses modes et de ses possibilités de jeu.
Des modes de jeu à la pelle
Dès le premier lancement, impossible de rester indifférent face à la quantité impressionnante de modes de jeu proposés dans Mario Tennis Fever. Commençons par celui qui apparaît en tête de liste : le mode Aventure. S’il avait été l’une des belles surprises de Mario Tennis Aces, ce nouvel opus propose un solo finalement décevant et assez anecdotique, même s’il reste indispensable pour assimiler rapidement les bases. Très vite, Mario et Luigi sont transformés en Bébé Mario et Bébé Luigi, et l’objectif devient de progresser au tennis pour contrer une mystérieuse force sombre.
Rien de très palpitant donc, mais le mode remplit son rôle pédagogique. Comptez environ 4 heures pour en venir à bout, en pestant régulièrement contre un rythme en dents de scie. Entre cinématiques, dialogues à rallonge et déplacements dans un petit hub, on n’a souvent qu’une envie : retourner taper des balles. À noter également : aucun mode coopératif n’est proposé dans cette aventure, ce qui est assez décevant finalement.

Vient ensuite le mode Jeu libre, jouable jusqu’à 4 joueurs en local. C’est clairement le mode que vous utiliserez le plus, puisqu’il permet de lancer une partie en quelques secondes. On choisit son personnage, sa raquette (nous y reviendrons), le terrain, les règles… et le match démarre en moins de 30 secondes. Les terrains influencent la vitesse de la balle et la hauteur du rebond, comme dans la réalité. Petite nouveauté appréciable : on peut désormais choisir le type de balle parmi trois options – lente, standard ou rapide – afin d’ajuster l’expérience selon ses préférences.
Un mode Tournoi est également disponible, jouable en solo ou en coopération. Trois coupes sont proposées, avec une IA de plus en plus coriace. En une petite demi‑heure, l’affaire est généralement pliée. Autre mode jouable jusqu’à deux joueurs : Tours des épreuves, qui enchaîne plusieurs défis inspirés du mode Jeux spéciaux. Chaque match impose une variante particulière et, en cas d’échec, une vie est perdue. Trois tours sont disponibles, avec une difficulté croissante. Enfin, Jeux spéciaux reprend ces mêmes épreuves, mais jouables jusqu’à quatre joueurs cette fois.

Pour conclure sur l’offre de contenu, les composantes en ligne et locales sont essentielles et particulièrement réussies. Le multijoueur en ligne contribue largement à la réussite de l’opus, avec des matchs classés et non classés avec des serveurs stables : aucune latence ou déconnexion lors de notre session de test. En classé, quatre formats sont proposés : simple ou double, avec ou sans raquettes frénétiques. Le matchmaking se base sur votre rang, qui grimpe ou chute selon vos performances. Il est également possible de créer ses propres salons pour jouer entre amis à distance. Rappelons que pour profiter de ces modes en ligne, un abonnement au Nintendo Switch Online est indispensable. Enfin, le GameShare est pris en charge : une console Nintendo Switch 2 héberge la partie, et jusqu’à trois autres consoles – même sans posséder le jeu – peuvent s’y connecter.
De la frénésie pour un gameplay arcade réussi
Vous l’avez compris, ce nouvel épisode est une réussite sur de nombreux points, avec un contenu particulièrement généreux – modes en ligne compris. Mais manette en main, les sensations sont‑elles toujours au rendez‑vous ? Sans surprise, on retrouve un feeling très proche de l’épisode précédent, avec quelques ajustements dans la prise en main et les commandes. Le changement le plus déstabilisant concerne sans doute le système d’amorti et de lobs, qui demande d’appuyer très rapidement sur deux boutons. Pour le reste, lifts, coups plats, coupés et sauvetages répondent présents. Et si le mapping ne vous convient pas, les commandes sont entièrement reconfigurables.

Le véritable apport de Mario Tennis Fever, c’est l’introduction des raquettes frénétiques, qui ajoutent un piment non négligeable aux parties. Chaque personnage possède des attributs répartis en quatre catégories : vitesse, puissance, précision et effet. Il faut donc choisir une raquette adaptée pour trouver la bonne méta. Chaque modèle propose un pouvoir spécifique : flaque de boue réduisant le rebond, effets incurvés sur toutes les balles, boule de glace gelant l’adversaire… Ces capacités se déclenchent une fois la jauge de frénésie remplie.
Une jauge de vie est également présente, particulièrement importante en double : lorsqu’elle tombe à zéro, votre personnage est expulsé du terrain pendant quelques secondes, laissant votre partenaire en 1v1. Toutes ces fantaisies sont évidemment désactivables pour ceux qui préfèrent une expérience plus sérieuse et réaliste. Avec plus de 10 terrains, 38 personnages et 30 raquettes, il s’agit de l’épisode le plus riche de la série en termes de contenu – sachant que tout n’est pas débloqué d’emblée. Il faudra enchaîner les matchs pour tout obtenir.
Pour conclure, un mot sur la partie acoustique, qui constitue une petite déception. Le sound design est très proche de celui de l’opus précédent, avec des voix et annonces de score largement reprises. Les musiques, quant à elles, deviennent rapidement répétitives et peuvent lasser. Mais le point noir reste l’ajout de la fleur cancan, déjà aperçue dans Super Mario Bros. Wonder. Si elle était amusante dans un jeu de plateforme, elle se révèle ici irritante, prenant le rôle de commentatrice avec des répliques répétées en boucle et un ton difficilement supportable. Heureusement, cette fonctionnalité peut être désactivée dans les options.
Verdict
À l’exception d’un mode Aventure qui fait davantage office de tutoriel géant que de véritable campagne, Mario Tennis Fever s’impose comme un épisode convaincant. L’upgrade graphique reste légère par rapport à Mario Tennis Aces, mais les sensations manette en main sont toujours aussi efficaces, portées par l’ajout des raquettes frénétiques qui apportent un vrai plus au gameplay. Selon le personnage choisi, il faudra tester plusieurs combinaisons pour trouver celle qui vous mènera à la victoire. Avec son contenu massif, ses modes variés et un multijoueur en ligne particulièrement solide, ce nouvel opus s’impose comme un excellent choix pour vos soirées entre amis ou pour les amateurs de compétition en ligne, qui y trouveront clairement leur compte.
Points forts
- Visuellement toujours très propre
- Les raquettes frénétiques qui dynamisent le gameplay
- Plus technique que l’opus précédent en mode normal
- Le multijoueur local/en ligne impeccable
- La possibilité de jouer via le GameShare
- Un roster impressionnant et de nombreux modes de jeu différents
- Plein de choses (stades, raquettes, personnages...) à débloquer en enchaînant les parties
Points faibles
- Mais des modes de jeu dont on fait vite le tour (hors online)
- Le mode aventure vraiment anecdotique au rythme patraque
- La bande-originale qui manque de variété, tout comme le commentateur horripilant
- Un écran tactile non utilisé dans les menus
- Politique tarifaire inadaptée pour le genre (79,99€ en version physique)