TEST MIO: Memories in Orbit : Le metroidvania qui vise les étoiles

MIO: Memories in Orbit wallpaper art de couverture

Créé par le studio français indépendant Douze Dixièmes et édité par Focus Entertainment, MIO: Memories in Orbit est le nouveau metroidvania qui inaugure 2026. Composé par une quinzaine de personnes pendant près de 4 ans, ce petit jeu nous a attirés dans un premier temps grâce au charme de son visuel artistique, rappelant celui d’une bande dessinée de science-fiction des années 80, mais il fallait encore nous prouver que l’aventure valait le coup manette en main. Verdict ? On adore.

Test réalisé sur PC grâce à une copie numérique envoyée par l’éditeur

Une épopée cosmique

MIO: Memories in Orbit se déroule dans un vaste vaisseau nommé l’Arche, si vaste qu’il semble pouvoir abriter une population entière, avec plusieurs paysages variés, comme une cité, des jardins, une forêt, ainsi qu’une mer. Au milieu de tout ce gigantisme, vous incarnez un être minuscule du nom de MIO, un robot dont la conscience vient d’être tout juste réactivée et n’ayant aucun souvenir. Pire encore, les lieux qui l’entourent sont à l’abandon, voire dévastés par ce qui semble être des catastrophes ou des attaques brutales. Des robots devenus fous vous attaquent à vue et des systèmes entiers sont devenus défaillants, rendant leur exploration aussi périlleuse que possible, que ce soit par un froid profond ayant gelé les habitations ou par la présence d’une moisissure ténébreuse cherchant à vous saisir.

Heureusement, quelques rares occupants de l’Arche seront présents pour vous offrir aide et indications. Toutes des formes de vies informatiques, certaines sont présentes dans cet endroit depuis des siècles et vous fourniront des explications sur le fonctionnement de cet univers, ainsi que quelques indices pour vous aider dans cette quête qui vous est destinée : découvrir pourquoi cet immense vaisseau est tombé dans une telle déchéance. D’autres mystères seront également à découvrir : que sont devenus les Voyageurs, ces êtres mystérieux qui en sont les anciens habitants et concepteurs ? Pourquoi les Perles, les IA gestionnaires et gardiennes, se sont-elles isolées du monde ? Pourquoi MIO s’est-elle réveillée avec une telle mission programmée en elle ?

MIO: Memories in Orbit - décor de l'intérieur du vaisseau
Bienvenue dans une science-fiction haute en couleurs !

MIO: Memories in Orbit nous plonge dans un univers empli de mystère, qui mêle gracieusement les codes de la science-fiction et du mystique. À l’image de MIO, qui semble minuscule et insignifiant au premier abord, c’est par le voyage que nous gagnons en assurance et compétence, afin de surmonter tous les obstacles que nous rencontrerons.

Sur les traces de l’héritage des metroidvania

MIO: Memories in Orbit est un jeu solo que l’on pourrait qualifier de metroidvania. Le déplacement et les actions sont en 2D, votre personnage commence avec très peu de capacités et l’exploration est nécessaire pour gagner en puissance. Les ennemis réapparaissent à chaque fois que l’on se repose ou que l’on meurt et c’est avec leur défaite que l’on gagne des ressources nécessaires pour acheter de quoi s’améliorer dans les magasins du coin. En somme, MIO: Memories in Orbit reprend la formule classique du genre, à l’image de ces références assumées que sont Hollow Knight et Ori and the Blind Forest pour son gameplay.

Il existe bien quelques différences au début de l’aventure, comme le fait de ne pas pouvoir recharger sa vie n’importe quand ou le fait que la mort dans MIO: Memories in Orbit entraîne une perte de ressource, mais à la différence de certains titres, elles ne seront pas récupérées par vous, mais par une partie du vaisseau, ce qui permet d’accéder ensuite à de nouvelles zones. Si vous souhaitez conserver vos ressources, appelées Nacres au passage, par-delà la mort, il faudra les convertir en cristaux solides auprès de certaines machines, détournant légèrement l’aspect punitif de cette mécanique commune à de récents metroidvania.

Mis à part cela, le jeu se démarque dans son exploration bien plus tard, avec la découverte de compétences un peu plus originales que l’on vous laissera découvrir, mais qui permettent de voir le monde sous une tout autre dimension. Du côté des capacités habituelles, on retrouve les classiques comme le double saut ou la triple-frappe dès le début, ainsi que d’autres à débloquer comme les équivalents d’un grappin, d’une voile ou d’une esquive. Mention spéciale pour cette dernière qui est plus semblable à une mécanique de Blink ou de Clignement en français, vous limitant dans le déplacement, ce qui change quand même de l’habitude.

Autant de capacités qui peuvent aussi bien vous aider en combat que pour l’exploration, ce qui encourage le fait de retourner plusieurs fois dans les lieux déjà visités pour découvrir de nouveaux secrets autrefois inaccessibles. Il nous a fallu environ 4 heures pour débloquer les capacités de base, ce qui permet une bonne marge de découverte, tout en garantissant leur exploitation pour la suite de l’aventure, qui peut durer jusqu’à une quarantaine d’heures selon votre investissement dans cet univers.

MIO: Memories in Orbit - Décor dans les circuits
Le jeu surprend de temps à autre en adoptant des zones tutoriels à l’aspect minimaliste.

En effet, le fait de chercher à explorer le plus possible cet immense vaisseau qu’est l’Arche vous récompensera régulièrement, que cela soit en vous donnant de la vie supplémentaire, plus de puissance de frappe, des ressources ou encore de nouveaux alliés. À l’image de nombreux metroidvania, l’investissement et la curiosité sont toujours récompensés. Un des seuls bémols sur ce point, ce serait l’aspect faussement libre de son exploration, qui pousse dans un premier temps à explorer plusieurs chemins viables, mais qui au final n’en donne qu’un seul de vraiment accessible, tandis que l’autre se termine sur une impasse sans l’amélioration débloquée dans l’autre. Ce qui est un peu dommage et brise l’aspect interconnecté que peut avoir l’Arche. Cependant, il est tout à fait possible que nous soyons passés à côté de routes annexes dissimulées, ce qui donnerait encore plus d’intérêt à la jouabilité et à la recherche des secrets de MIO: Memories in Orbit.

On retrouve également un système d’amélioration en guise d’équipement, avec des modificateurs à installer en fonction du nombre d’emplacements disponibles pour gagner divers bonus et effets passifs, comme une recharge gratuite de vos vies sur les lieux dédiés ou le fait de voir la vie des ennemis. Il est également possible de s’équiper de modificateurs infligeant des malus en échange d’emplacements supplémentaires. Un système de prise de risque donc, qu’il est important de prendre en compte selon les situations, pouvant se révéler aussi pratique que fatal.

MIO: Memories in Orbit - décor avec une rivière
N’oublions pas que MIO reste une machine et ne doit pas finir comme notre ami qui fait la planche éteinte.

Des couloirs et des défis

En somme, si vous appréciez jouer à des metroidvania, que ce soit pour leur gameplay ou le sentiment d’exploration, alors foncez sur MIO: Memories in Orbit. Et même si vous désirez découvrir ce type de jeu vidéo, alors celui-ci constitue une très bonne porte d’entrée.Comme dit précédemment, on y retrouve les codes habituels sans trop de surprise avec un confort de jeu que ne possèdent pas forcément les classiques du genre. Par exemple, MIO exécute automatiquement une sorte de petite roulade quand elle touche l’extrême bord d’une plate-forme pour s’assurer de monter dessus.

Les commandes sont souples, donnant ainsi une grande impression de fluidité dans le gameplay, un sentiment qui gagne en intensité dès lors que l’on commence à maîtriser la mobilité très aérienne de MIO avec son système de double saut et de grappin qui peuvent se recharger lors de certaines attaques. On s’amuse ainsi à voltiger comme une fleur et à piquer comme une torpille. En revanche, il peut arriver que lors de certains combats exigeants ou de parcours d’obstacles, le fait de devoir enchaîner les capacités crée de la confusion, ce qui peut s’avérer frustrant quand la moindre action est décisive.

C’est un gameplay qui se veut pratique, mais qui pousse aussi à l’exigence. Pour ceux qui ne sont pas à l’aise avec la difficulté, un système d’aide dans les options du jeu peut vous aider à surmonter les difficultés de l’Arche, par exemple avec le Pacifisme : les ennemis basiques ne feront aucun mal tant que vous restez inoffensif, tandis qu’avec l’Érosion, la vie d’un boss diminue à chacune de vos morts, améliorant vos chances de victoire contre lui à mesure que les tentatives s’accumulent. Un système plutôt bien pensé et qui s’inscrit dans l’esprit du jeu, permettant de profiter de ces affrontements dynamiques et rythmés qui se révèlent pour la plupart assez exaltants, notamment grâce au travail sur la mise en scène et la musique.

MIO: Memories in Orbit - rencontre avec un boss
En chaleureux combat en perspective.

Beauté stellaire

Cela ne vous a sûrement pas échappé… mais le jeu est INCROYABLEMENT BEAU ! Plus sérieusement, les quelques images qui parsèment ce test ne rendent pas justice au charme visuel de l’œuvre. Avec son style semblable à celui d’une bande dessinée, le jeu pourrait se revendiquer comme héritier de l’artiste Moebius. On y ressent en effet un sentiment de poésie et de nostalgie en parcourant ces décors de science-fiction associés à des éléments naturels, comme les fleurs ou les rivières, ou encore un certain malaise fascinant auprès de ces machines semblables à des organes vivants.

Chaque élément du décor semble dessiné à la main malgré son modèle 3D, permettant à MIO: Memories in Orbit de pouvoir jouer avec des contrastes de lumière ou de température dans son environnement, avec également une grande profondeur de champ dans son horizon, ce qui donne un effet vivant à ces lieux, l’agrémentant de petits détails visuels variés ou permettant à d’autres créatures d’y circuler tandis que MIO suit son propre chemin.

MIO: Memories in Orbit - décor de jardin
Certaines zones invitent à la contemplation

La musique également est une excellente surprise dans MIO: Memories in Orbit. La plupart du temps, elle sera légère et correspondra parfaitement à l’ambiance des lieux, en proposant tout de même quelques variations selon l’espace où vous vous situez, comme par exemple au sommet d’un bâtiment ou à l’intérieur d’une fissure, comme pour accompagner au mieux les émotions que l’on ressent en exploration, comme l’inquiétude, la sensation de liberté ou la paix.

Les combats de boss possèdent des OST réussies qui mettent en valeur les thèmes des lieux ou du type de combat que l’on expérimente, avec des changements notables qui suivent l’intensité du combat, nous permettant de nous sentir pleinement investis dans ces affrontements qui constituent de grands moments de mise en scène. Les rares voix que l’on entendra dans les OST seront éthérées, comme pour appuyer le côté spirituel de notre voyage.

Mention spéciale tout de même aux rares paroles du jeu qui bénéficient d’un doublage français, ce qui souligne le sens du détail des développeurs. Autre particularité, ce sont les bruits d’ambiance de chaque zone, particulièrement remarquables quand on met le jeu en pause, avec des sonorités de machines, comme des ronronnements de moteurs ou des ondulations de générateurs, ce qui peut créer un effet rassurant, jusqu’au moment où des bruits semblables à ceux d’animaux sauvages surgissent de nulle part, nous rappelant que l’Arche reste un univers principalement hostile malgré tout.

MIO: Memories in Orbit - Personnage de SHII
SHII sera un des principaux guides durant votre périple.

L’animation du jeu en général est réussie et propose toute une variété de petites scènes lors de la rencontre avec les PNJ du jeu. On ressent aussi bien cet aspect froid et précis des corps métalliques, qu’une grâce propre à la chair et la chaleur qu’ont normalement les êtres vivants dans les mouvements des personnages.

C’est d’ailleurs un contraste qui semble faire partie des thèmes majeurs du jeu. L’opposition qui existe naturellement entre l’organique et le mécanique. MIO: Memories in Orbit présente un grand nombre de visuels dans ses personnages et ses décors où des entités métalliques copient le vivant et la Nature. Si une machine parvient à copier un corps, alors qu’est-ce qui différencie ce dernier d’un concept mécanique ? Et si cette ressemblance ouvrait les portes d’une autre dimension à la machine, comme celle des émotions ou de l’esprit, alors deviennent-elles humaines, elles qui copient déjà notre intelligence ? MIO: Memories in Orbit propose ainsi une sorte de relecture de notre relation avec le vivant et notre nature humaine, voire spirituelle de par son scénario et les personnages que l’on rencontre. Il est souvent question du rôle que l’on aurait à jouer au sein d’un tout et de la question de la finitude.

Impossible pour nous de ne pas remarquer une ressemblance avec un autre metroidvania : Nine Sols, qui partage également un univers de science-fiction inspiré par des courants philosophiques, dont l’intrigue se déroule dans un immense vaisseau spatial où les immenses zones possèdent des paysages naturels. Heureusement, MIO: Memories in Orbit propose des combats beaucoup moins nerveux et difficiles que Nine Sols.

MIO: Memories in Orbit - décor d'une ville plongée sous la glace
Autrefois un espace de vie. Maintenant un lieu abandonné à un hiver éternel.

Verdict

Si vous avez apprécié certains jeux comme Gris pour ses visuels, Hollow Knight pour son gameplay ou Nine Sols pour son univers, alors nous vous recommandons vivement MIO: Memories in Orbit. Le jeu regorge de zones à explorer avec des décors magnifiques et inspirés qui offrent toute une gamme d’émotions. Les défis qui les parsèment pourront aussi bien plaire aux habitués des metroidvania qu’à ceux qui découvrent ce style de jeu avec des options bien pensées. MIO: Memories in Orbit est une superbe expérience vidéoludique qui reflète l’amour de ses créateurs pour l’art sous toutes ses formes. Si Silksong était le metroidvania représentant 2025, MIO: Memories in Orbit a toutes les chances de devenir la référence du genre pour 2026.

90/100
Score total

Points forts

  • Beaucoup de possibilités d'exploration
  • MIO possède un gameplay fluide très plaisant une fois maitrisée
  • Une direction artistique magnifique et maitrisée
  • Un très bon metroidvania qui peut faire partie des classiques

Points faibles

  • Les différents objectifs ne semble pas pouvoir être accessibles dans l'ordre que l'on souhaite
  • L'usage des compétences peut être parfois brouillon dans certaines situations
  • On aurait aimé plus de diversité dans les ennemis
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