TEST Screamer : Un retour sur piste réussi pour un jeu de course ambitieux

Spécialisé dans les jeux de course, le studio Milestone signe déjà son second titre de l’année 2026. Après un RIDE 6 sorti le mois dernier, c’est au tour de Screamer de faire son grand retour sur consoles et PC. Car oui, il ne s’agit pas d’une nouvelle licence, mais bien du reboot d’un jeu sorti il y a plus de trente ans au moment où nous écrivons ces lignes. Et pour le coup, les développeurs italiens livrent une production ambitieuse, portée par un gameplay arcade qui fait mouche. Retour en détail avec notre test.

Testé sur PS5 Pro grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur

Un retour ambitieux porté par sa direction artistique

En 1995, la première version de Screamer sortait sur MS‑DOS avec une approche arcade déjà très appréciée des joueurs. Derrière cette production se cachait le studio italien Graffiti, que vous connaissez aujourd’hui sous le nom de Milestone. Habitués aux licences annuelles axées simulation comme MotoGP ou Monster Energy Supercross, les italiens aiment aussi s’offrir un petit bol d’air frais avec des titres plus arcade. On pense notamment aux très surprenants Hot Wheels Unleashed et Hot Wheels Unleashed 2: Turbocharged, qui nous avaient convaincus lors de leurs sorties respectives en 2021 et 2023. Aujourd’hui, c’est donc Screamer qui repasse sur le banc d’essai avec un reboot taillé pour les joueurs curieux et amateurs du genre.

Pour être clair, il s’agit davantage d’un reboot que d’un remake. Car si le nom rend hommage au premier épisode, le reste n’a plus grand‑chose à voir : exit les textures 3D réalistes pleines de pixels de l’époque, et bienvenue à l’Unreal Engine 5 avec une direction artistique en cel‑shading, désormais bien ancrée dans les tendances modernes. Et pour le coup, le travail de Milestone est à saluer : le jeu possède une véritable âme, un cachet assumé, et il est difficile de ne pas succomber à son charme. Les véhicules bénéficient d’une belle modélisation, tandis que les effets visuels – explosions, dérapages, utilisation des compétences – sont particulièrement réussis.

On reprochera en revanche au jeu un clipping assez visible, un peu d’aliasing et des textures environnementales qui auraient mérité davantage de soin. Mais ce qui fait réellement le charme du titre, c’est sa direction artistique très orienté anime. Cette partie a d’ailleurs été conçue en étroite collaboration avec Polygon Pictures, déjà derrière de nombreuses productions aussi bien vidéoludiques qu’animées : Love Deatch + Robots, Star Wars: Resistance ou encore Granblue Fantasy: Relink. Le chara‑design des personnages et intervenants est tout simplement excellent, chaque pilote possède une identité forte, et il est difficile de ne pas se reconnaître dans l’un des 15 personnages jouables. Avec tout de même un petit détail qui surprend au départ…

Dans Screamer, les personnages parlent dans leur langue natale. Le monde du jeu étant censé disposer d’une technologie avancée, une traduction automatique s’affiche en temps réel, ce qui permet à chaque pilote de s’exprimer dans sa langue originale. Pour être honnête, nous avions d’abord cru à un bug lors des premières courses, jusqu’à ce qu’un dialogue confirme que tout était normal. On retrouve ainsi des doublages en japonais, anglais, italien, espagnol… et même en français, avec Grégory Lerigab dans le rôle de Frédéric Barthelemy, seul pilote francophone du jeu. L’acteur, voix française de Miles Morales, livre une prestation impeccable – tout comme le reste du casting étranger vocal.

Dernier point important : la musique joue un rôle majeur, et les morceaux rock choisis ou composés retranscrivent parfaitement l’ambiance anime voulue par les développeurs. Pour les créateurs de contenu, sachez qu’il est possible de désactiver les musiques sous licence afin d’éviter d’éventuels problèmes de droits d’auteur lors du partage de vos gameplay. Quant aux bruits de moteur et aux effets sonores, l’ensemble est cohérent et en adéquation avec l’action à l’écran. Et en l’absence de véhicules sous licence, il est difficile de comparer ces bruitages à la réalité, mais l’ensemble fonctionne très bien.

Un jeu de course arcade à apprivoiser

Bien que le titre soit vendu comme une production arcade reprenant les gènes de son aîné, Screamer n’a finalement plus grand‑chose en commun avec lui, et cela se confirme manette en main. Comme souvent pour les jeux de course modernes, il est important de souligner la prise en charge complète de la DualSense, avec les gâchettes adaptatives et les retours haptiques pour renforcer l’immersion.

Sur le plan de la jouabilité, Screamer va clairement vous sortir de votre zone de confort. Certes, on accélère avec R2 et on freine avec L2, mais la grande particularité réside dans la gestion du drift, qui s’effectue… avec le joystick droit. Ce choix de gameplay demande un réel temps d’apprentissage, car il permet de gérer précisément l’angle de la voiture afin de trouver la trajectoire parfaite en le combinant au freinage. Quelques heures d’adaptation sont nécessaires pour maîtriser cette mécanique essentielle si vous souhaitez terminer en tête.

Et ce n’est que la première couche : le drift doit s’intégrer à de nombreuses autres actions. Car dans Screamer, il ne suffit pas d’accélérer, freiner, prendre les virages et profiter de l’aspiration pour dépasser vos adversaires. Les fans de jeux d’arcade remarqueront immédiatement un élément crucial : la boîte de vitesses manuelle. Elle est indispensable, car ce sont les passages de rapports qui permettent ensuite d’activer le boost. Problème : cette fonctionnalité ne peut pas être désactivée ni configurée, ce qui en rebutera plus d’un dans un jeu qui se veut accessible et arcade.

Concernant le boost, Screamer utilise un système inspiré de Gears of War, où il faut appuyer au bon moment pour bénéficier d’une poussée maximale. C’est intuitif, plaisant et suffisamment stratégique pour faire la différence. Plus tard, on débloque également le Strike, qui augmente la vitesse et projette les adversaires sur votre passage – mais au prix d’une maniabilité bien plus délicate. On retrouve également le bouclier, utile pour contrer ces attaques, ainsi que l’Overdrive, un pouvoir ultime capable d’anéantir tous les véhicules environnants… mais attention : toucher le bas‑côté pendant son activation signifie un game over immédiat.

Enfin, chaque personnage dispose d’une capacité spéciale, à choisir selon votre style de jeu. Nous avons trouvé l’ensemble plutôt bien équilibré, sans compétence “cheatée” ni pouvoirs sous‑utilisés : un bon point. Cependant, malgré toutes ces idées pertinentes, il faut reconnaître que le gameplay peut rapidement devenir brouillon. Il y a énormément de choses à gérer simultanément : vitesse, virages, drifts, passages de vitesses, boost, compétences, lecture du trafic et ne pas perdre la maîtrise devient parfois un véritable défi. Résultat : ce gameplay arcade n’est pas si accessible qu’il en a l’air. C’est d’ailleurs le seul véritable point noir du titre : une surcharge de mécaniques qui pourra décourager les joueurs moins à l’aise avec les jeux techniques. Dommage, car tout le reste est brillamment exécuté par les développeurs italiens.

Du contenu à la pelle en solo et en multijoueur

Maintenant que la réalisation et la jouabilité sont au niveau de ce que l’on attendait, il est temps de voir si les modes de jeu proposés dans Screamer sont à la hauteur des espérances. Et pour le coup, vous ne serez pas déçus par l’ensemble de la proposition. La mise en avant principale se porte sur le mode histoire, intitulé Le Tournoi. D’ailleurs, au premier lancement, ce mode se lance automatiquement, sans passer par le menu principal. Ce choix n’est pas anodin : cette trame scénaristique a été pensée pour nous immerger dans l’univers du jeu, apprendre à connaître les personnages et leurs intentions, mais aussi pour nous initier aux bases du gameplay.

Découpé en quatre chapitres principaux, ce mode enchaîne missions et séquences de dialogue, ponctuées de cinématiques lors des moments les plus marquants. Si ces cinématiques sont d’excellente qualité avec un soin particulier apporté aux animations, on regrettera toutefois le rythme très lent de la progression. Pour un jeu qui nous demande d’appuyer sur le champignon en permanence, la narration avance parfois à un train de sénateur. Globalement, l’histoire tourne autour d’un tournoi où plusieurs équipes rivalisent pour la victoire, mais chacune avec ses propres motivations : règlements de comptes, révélations personnelles, histoires passées… On appréciera néanmoins que tous les dialogues soient doublés, surtout au vu du nombre important d’interactions.

Le Tournoi constitue le mode solo principal, et il faudra compter une dizaine d’heures pour en venir à bout ce qui est très honnête pour le genre. C’est également via ce mode que l’on débloque la quasi‑totalité du contenu utilisable ailleurs : circuits, personnages, éléments de personnalisation du véhicule… Il n’y a pas de choix, il faut terminer l’aventure pour accéder à tout. mais c’est logique : Screamer n’est clairement pas pensé pour être joué uniquement en solo, et c’est bien là que réside sa force.

Composé de quatre environnements, le jeu propose 32 circuits et une quinzaine de personnages jouables. Tous ces circuits sont disponibles dans le mode Course, proposant différentes variantes que l’on découvre au fil du Tournoi : solo, en équipe, défi score, défi overdrive, contre‑la‑montre ou encore checkpoints. Tous les tracés sont bien pensés et disposent d’une identité propre, nécessitant de connaître leurs enchaînements pour optimiser ses temps. Vient ensuite l’autre pilier du titre : le multijoueur, et c’est là que la belle surprise intervient.

En effet, Screamer permet de jouer jusqu’à quatre joueurs en local, ce qui est devenu rare en 2026 et mérite largement d’être souligné. Il est parfaitement possible de passer une soirée entière entre amis sur le jeu. Aucun souci de stabilité n’a été constaté à deux joueurs durant nos tests, mais il sera primordial d’expliquer les commandes aux nouveaux venus, tant le gameplay demande un vrai temps d’adaptation… Heureusement, Milestone a pensé à tout puisque l’accessibilité est excellente : presque tout est paramétrable, on peut désactiver certaines mécaniques, rééquilibrer l’IA, ou choisir le nombre de concurrents sur la grille. Il est possible de sauvegarder les règles personnalisées afin de les réutiliser plus tard : simple, malin et très pratique.

Un mode en ligne est également présent, mais nous n’avons pas pu en tester la stabilité, les serveurs étant encore vides lors de notre phase de test. Enfin, le garage permet de personnaliser son véhicule et d’organiser l’espace à sa guise. En enchaînant les courses et les victoires, on débloquera de nouveaux kits de personnalisation (jantes, couleurs, accessoires…).La personnalisation n’est pas extrêmement poussée, mais elle est suffisamment étoffée pour créer un véhicule qui nous ressemble. À noter également la présence d’un mode Photo, déjà très complet au moment où nous écrivons ces lignes. Un outil parfait pour immortaliser les plus beaux moments de vos courses – et il serait dommage de s’en priver tant le style visuel du jeu s’y prête.

Verdict

Avec son gameplay arcade et son approche anime qui sortent de l’ordinaire, Screamer joue parfaitement sur notre corde nostalgique du début à la fin. La proposition de Milestone touche juste : une jouabilité maîtrisée, soutenue par une réalisation convaincante sous Unreal Engine 5. Entre son mode aventure, ses différents types de courses, ainsi que son multijoueur en ligne et local jusqu’à quatre joueurs, Screamer s’impose comme une belle surprise. Si vous recherchez un jeu à l’ancienne, doté de menus simples mais élégants et d’une progression sans prise de tête, nous ne pouvons que vous recommander cette production, bien qu’elle ne soit pas totalement exempte de défauts.

75/100
Score total iIl s'agit d'une appréciation générale du jeu de la part du testeur et non d'une note à proprement parler.

Points forts

  • Techniquement réussi sous UE5 avec des cinématiques et une DA à tomber
  • Des sensations de conduite agréables
  • Contenu solide avec bon nombre de pilotes et 32 circuits
  • La personnalisation plutôt poussée des véhicules
  • La qualité des doublages et ce, peu importe la langue
  • Les musiques parfaitement dans le mood du jeu
  • Du multijoueur en ligne, et même local jusqu'à 4 joueurs
  • La possibilité de créer ses propres règles et les options d'accessibilité nombreuses

Points faibles

  • Pas mal de clipping et de textures douteuses néanmoins
  • L’impossibilité de jouer en boîte automatique
  • Beaucoup de choses à contrôler/gérer en même temps
  • Les objectifs du mode histoire parfois ridicules
  • Pitch intéressant plombé par une narration assez lente
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