Vingt ans après la sortie du premier FPS Starship Troopers, Auroch Digital nous propose une nouvelle plongée dans la guerre entre l’humanité et les Arachnides, dans un style rétro. Le studio britannique, déjà connu pour Warhammer 40,000: Boltgun, s’attaque au roman de Robert A. Heinlein, sublimé par l’adaptation de 1997 de Paul Verhoeven.
Testé sur PC grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur
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Starship Troopers: Ultimate Bug War! est un FPS développé par Auroch Digital et édité par Dotemu. Inspiré de l’univers culte de Starship Troopers, le jeu plonge les joueurs au cœur de l’effort héroïque de l’humanité pour protéger la galaxie. À travers les yeux de Sammy, soldat de l’Infanterie Mobile, vous participerez à une guerre totale en vue à la première personne, où l’action ne laisse aucun répit.
Face à vous, la menace Arachnide s’est étendue bien au-delà de Klendathu, ravageant les colonies humaines autrefois prospères et symboles d’ingéniosité. Armé de l’arsenal varié et dévastateur de l’Infanterie Mobile, vous devrez brûler, démembrer et anéantir des vagues d’ennemis. Entre survie et reconquête, l’humanité joue son avenir dans une guerre sans merci contre les Arachnides.
Allez, bande de macaques ! Si vous avez envie de vivre, battez-vous !
Côté gameplay, Starship Troopers: Ultimate Bug War! assume pleinement son ADN old school. Développé par le studio britannique Auroch Digital, déjà à l’origine de Warhammer 40,000: Boltgun, le titre mise sur une action nerveuse, directe et sans fioritures. On retrouve ainsi un FPS à l’ancienne, rythmé, centré sur le mouvement, l’affrontement frontal face à des vagues d’ennemis toujours plus nombreuses.

Visuellement, le jeu adopte un style rétro assumé, mêlant environnements et ennemis en 3D et sprites 2D pour nos alliés et certains éléments, évoquant immédiatement les productions de la fin des années 90 et du début des années 2000. L’arsenal s’annonce particulièrement généreux, avec plus de 30 armes et équipements emblématiques, allant du légendaire fusil Morita à des bipèdes mécaniques et des frappes nucléaires tactiques.

Enfin, si l’aventure débute du côté de l’Infanterie Mobile à travers une campagne centrée sur les forces humaines, le jeu ne s’arrête pas là. Au fil de la progression, de nouvelles missions se débloquent et permettent d’incarner un Assassin insectoïde, une race inédite développée spécialement pour Starship Troopers: Ultimate Bug War!. Une manière originale de renouveler les affrontements en proposant un point de vue radicalement opposé, et d’explorer la guerre galactique sous un angle plus inattendu.
Dur, Dur de devenir un Citoyen
La campagne humaine se compose de 7 missions principales, précédées d’une mission d’initiation servant à poser les bases du gameplay. Dans la peau de Sammy, le joueur évolue sur des cartes semi-ouvertes où il doit remplir une multitude d’objectifs : sécurisation de zones, activation d’installations, défense de positions ou encore extermination massive d’Arachnides. Le jeu alterne habilement entre des missions à structure bac à sable, laissant la liberté d’accomplir les objectifs dans l’ordre de son choix, et des séquences plus dirigistes, scénarisées, qui resserrent le rythme. Grâce à ses choix techniques limités assumés, le titre parvient à proposer des affrontements dynamiques et quasi ininterrompus : il se passe toujours quelque chose sur le champ de bataille.

Sammy n’est jamais totalement seule sur le front. Elle est épaulée par ses frères d’armes, dont certains la suivent de leur propre initiative pour prêter main-forte. Malheureusement, l’intelligence artificielle montre vite ses limites : trop souvent approximative, elle transforme les alliés en simples figurants, voire en chair à canon plus qu’en véritables soutiens tactiques. Pour compenser, l’héroïne peut compter sur un arsenal particulièrement généreux. Malgré son habillage technique volontairement daté, le jeu respire l’ADN de Starship Troopers, notamment à travers un bestiaire fidèle aux films, enrichi de nouvelles espèces créées pour l’occasion.

En parallèle, les missions dédiées aux Arachnides proposent une approche radicalement différente. Présentées comme des simulations en réalité virtuelle conçues par l’humanité pour mieux comprendre les Assassins, elles placent le joueur aux commandes de l’une de ces créatures inédites dans une perspective à la troisième personne. L’objectif change alors complètement : il s’agit de terroriser et détruire les installations des Marines. L’Assassin peut adopter trois formes distinctes pour s’adapter aux situations, récupérer régulièrement vie et armure auprès des Nids, et même invoquer d’autres Arachnides pour l’épauler. Une variation bienvenue qui renouvelle le gameplay et offre un contrepoint brutal à la campagne humaine.
Un hommage old school qui manque de renforts
Comme mentionné mainte et mainte fois, Starship Troopers: Ultimate Bug War! revendique pleinement son esthétique old school. Le jeu est loin d’être une vitrine technologique et ne cherche jamais à rivaliser avec les standards actuels. Pour autant, il n’a rien d’hideux : une fois la surprise passée, on s’accommode rapidement de ce style assumé, cohérent avec son orientation arcade. Reste qu’il est difficile de ne pas imaginer ce que pourrait donner un Starship Troopers en version véritablement next gen, tant l’univers s’y prêterait.

Côté sonore, les bruitages iconiques des armes de l’Infanterie Mobile comme les cris stridents des Arachnides sont fidèlement reproduits, renforçant immédiatement l’immersion et la filiation avec les films. Les doublages, entièrement en anglais, remplissent leur rôle sans pour autant laisser un souvenir impérissable. Le ton volontairement kitsch, excessif et martial colle cependant parfaitement à l’esprit satirique et outrancier de la licence, contribuant à recréer cette atmosphère si particulière qui fait le charme de Starship Troopers. Cependant, on regrettera la pauvreté de la bande son, celle-ci se résumant à une boucle du même thème avec quelques variantes. Il est aussi à noter que le titre iconique du film n’est jamais utilisé. Dommage.
Enfin, certaines missions sont entrecoupées de courtes scénettes directement inspirées des séquences de propagande vues dans les films. Le jeu va même jusqu’à faire revenir Casper Van Dien, qui reprend son rôle iconique de Johnny Rico. Une attention appréciable pour les fans, même si le budget et la finesse d’écriture n’atteignent évidemment pas le niveau du chef-d’œuvre de Paul Verhoeven. L’intention est là, mais la satire se montre plus appuyée et moins subtile que dans le film original.
Service militaire express
Côté durée de vie, il faut compter entre 5 et 10 heures pour voir le bout de ce que Starship Troopers: Ultimate Bug War! a à offrir, surtout si vous avez l’âme d’un complétionniste, voire moins de 5 heures pour une run normale. Chaque mission propose plusieurs niveaux de difficulté, sans toutefois ajouter de nouveaux objectifs. L’intérêt réside davantage dans l’augmentation du challenge que dans un réel renouvellement du contenu. Heureusement, la structure semi-ouverte de la majorité des cartes encourage la rejouabilité : il est possible d’aborder les objectifs différemment, d’optimiser ses parcours ou simplement de replonger dans le chaos pour le plaisir.

Le jeu intègre également 17 secrets à débloquer au total. Ces derniers prennent la forme de modificateurs que l’on peut activer lors des missions afin d’en ajuster la difficulté, soit pour se faciliter la tâche, soit au contraire pour corser sérieusement l’expérience. En revanche, on regrettera que l’expérience soit exclusivement solo. Un mode coopératif à deux, voire jusqu’à quatre joueurs, aurait parfaitement convenu à l’ambiance survoltée et à la structure de certaines missions. L’idée de repousser des vagues d’Arachnides entre amis semblait évidente, et son absence laisse un léger goût d’inachevé. Un véritable coup manqué, tant le potentiel de fun en coopération paraissait naturel pour ce type de production.
Verdict
Finalement, Starship Troopers: Ultimate Bug War! est un FPS rétro sincère, énergique et fidèle à l’esprit décomplexé de la licence. Son gameplay nerveux, son arsenal généreux et sa variation bienvenue côté Arachnides assurent un divertissement solide, porté par une ambiance sonore réussie et quelques clins d’œil appréciables aux films. Mais derrière cette bonne volonté, les limites se font sentir : technique datée, IA alliée défaillante, durée de vie un peu courte et surtout absence regrettable de coopération, qui aurait pourtant sublimé l’expérience. En l’état, le jeu reste agréable et fun, sans jamais atteindre le potentiel qu’il laisse entrevoir.
Points forts
- Gameplay old school nerveux et efficace
- Structure semi-ouverte de nombreuses missions, favorisant la rejouabilité
- La mini campagne Arachnide apportant une vraie variation de gameplay
- Arsenal riche avec plus de 30 armes
- Respect de l’ADN de la licence
Points faibles
- Technique datée (choix assumé mais visuellement limité)
- IA des alliés trop souvent défaillante
- Durée de vie un peu chiche
- Absence de mode coopératif, pourtant parfaitement adapté au concept