Avec cette première bêta, Solasta 2 pose des bases solides tout en révélant un projet encore en pleine construction. Entre respect fidèle des règles de Donjons & Dragons, nette évolution visuelle et premières ambitions plus modernes dans sa mise en scène, le jeu de Tactical Adventures esquisse une suite prometteuse, mais encore inégale. On vous partage notre ressenti après quelques heures sur la beta.
Testé sur PC grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur
Des Donjons et des Dragons
Avant de parler de Solasta 2, il faut rappeler ce qui fait l’identité de Solasta: Crown of the Magister. Sorti en 2021, ce RPG tactique au tour par tour avait marqué par sa fidélité aux règles de Donjons & Dragons (5e édition, version SRD). Là où beaucoup de jeux du genre misent sur la narration spectaculaire, Solasta assume une approche plus jeu de rôle sur table.

Le jeu est développé par Tactical Adventures, un studio indépendant français basé à Paris. Leur philosophie est assez claire : proposer une expérience exigeante et authentique, pensée presque comme une partie de JDR entre amis. Ça se ressent dans le jeu, qui privilégie la profondeur des mécaniques à la mise en scène, avec une véritable volonté d’impliquer la communauté dans son évolution.
Côté univers, Solasta propose une fantasy assez classique en surface, mais originale par la construction de son univers dont le monde est marqué par un ancien cataclysme. On y incarne un groupe d’aventuriers chargé d’explorer des ruines et de percer les mystères de ce passé oublié. L’histoire reste surtout un cadre, mais elle fonctionne bien pour porter l’exploration et les affrontements, qui restent clairement le cœur de l’expérience
Une preview qui donne le ton
Côté gameplay, Solasta 2 reprend très clairement les bases du premier opus, avec cette même volonté de proposer une expérience fidèle au jeu de rôle papier. La bêta actuellement disponible sur Steam permet de découvrir le début de l’Acte 1, avec une progression limitée au niveau 4. On peut y créer une compagnie de quatre personnages, pensée comme une sorte de famille adoptive, même si le contenu reste encore restreint : seules 6 classes, 13 sous-classes et 4 races sont jouables pour le moment. Tactical Adventures a déjà partagé une roadmap assez ambitieuse, avec de nombreuses mises à jour prévues tout au long de 2026 et au-delà.

L’éditeur de personnage est bien présent, mais il reste perfectible. Le studio reconnaît lui-même qu’il est encore trop rigide et complexe, et une refonte est attendue. En revanche, difficile de ne pas remarquer le bond en avant visuel : cette suite est nettement plus agréable à regarder que le premier jeu, avec une direction artistique qui semble clairement influencée par Baldur’s Gate 3. Après environ huit heures de jeu, on fait assez vite le tour du contenu actuel, qui se limite à quelques quêtes et une portion de la carte du monde.
Justement, cette world map adopte une structure en hexagones assez intéressante. Chaque déplacement consomme des points d’endurance, avec une gestion du repos et de l’épuisement qui ajoute une vraie dimension stratégique. Il est possible de forcer la marche pour atteindre certains événements temporaires, combats, trésors ou rencontres, au risque de fatiguer son groupe. Pour l’instant, ces événements restent peu variés, mais ils posent les bases d’un système prometteur si le contenu suit.

En revanche, là où le jeu montre encore ses limites, c’est dans les dialogues. Bien qu’ils soient présents, ils manquent de profondeur et de choix, donnant une impression assez dirigiste. Contrairement à Baldur’s Gate 3, où les jets de compétences enrichissent constamment les interactions, Solasta 2 automatise beaucoup ces aspects, ce qui réduit l’implication du joueur et renforce l’impression d’être guidé par un maître du jeu un peu trop strict.
La bagarre !
Le système de combat de Solasta 2 reste dans la droite lignée du premier épisode, avec une approche très fidèle aux règles de Donjons & Dragons 5e édition. Chaque affrontement débute par un jet d’initiative qui détermine l’ordre de passage, et on retrouve ensuite un déroulement classique en tour par tour, basé sur les actions, les déplacements et les capacités de chaque personnage. À ce niveau-là, les habitués de Baldur’s Gate 3 ou du premier Solasta seront immédiatement en terrain connu.

Cette fidélité aux règles est clairement l’un des points forts du jeu : les sensations sont proches d’une vraie partie de jeu de rôle, avec une dimension tactique toujours très présente. En revanche, la bêta limite fortement l’analyse, puisque la progression est actuellement bloquée au niveau 4. Difficile donc de juger la montée en puissance des personnages ou la richesse des builds sur la durée. Pour rappel, le premier opus plafonnait au niveau 10 avant l’ajout de DLC, et il reste à voir si cette suite ira plus loin.
On peut toutefois noter la présence du multiclassage, qui ouvre déjà beaucoup de possibilités pour personnaliser son groupe et expérimenter différents styles de jeu. Un élément prometteur, même si, en l’état, le manque de contenu et de niveaux disponibles empêche encore de mesurer pleinement la profondeur du système sur le long terme.
Un premier contact prometteur
Sur le plan visuel, Solasta 2 marque une vraie rupture avec le premier opus comme nous le mentionnions plus haut. Le jeu est nettement plus moderne, avec des environnements plus détaillés, un éclairage travaillé et une mise en scène plus dynamique. Tout n’est pas encore homogène, mais l’ensemble est bien plus engageant qu’auparavant.

Côté audio, les progrès sont également notables, notamment grâce à un doublage intégral des dialogues, ce qui renforce réellement l’immersion. Les avis restent toutefois partagés : certaines performances sont solides, tandis que d’autres sont plus inégales, parfois un peu rigides. Cela s’explique aussi par une écriture qui ne met pas toujours pleinement en valeur le travail des comédiens.
Enfin, sur le plan technique, la bêta reste logiquement perfectible. Si l’ensemble est plutôt stable, le build actuel contient encore des bugs mineurs, des animations parfois maladroites et une interface à peaufiner. Rien de rédhibitoire à ce stade, mais cela rappelle que le jeu est encore en développement. Le potentiel est bien là, mais il faudra encore du temps pour atteindre un niveau de finition comparable aux références du genre. Rappelons-nous que les débuts de Baldur’s Gate 3 au lancement de sa beta étaient, eux aussi, assez maladroits, pour déboucher finalement sur le chef-d’œuvre que nous connaissons aujourd’hui.
Verdict
Finalement, cette bêta de Solasta 2 laisse une impression assez contrastée, mais globalement encourageante. On sent immédiatement l’ambition du projet, avec une vraie montée en gamme visuelle, un respect toujours aussi solide des règles de Donjons & Dragons et des bases de gameplay qui fonctionnent déjà très bien, dans la continuité du premier opus. En revanche, difficile d’ignorer les limites actuelles : contenu encore très léger, dialogues trop dirigistes, système de progression bridé et aspects techniques perfectibles. Là où le jeu intrigue, c’est dans son potentiel, notamment grâce à des systèmes comme la carte du monde ou le multiclassage, mais aussi dans sa volonté évidente de se rapprocher des standards modernes du RPG, dans le sillage de Baldur’s Gate 3. En l’état, cette bêta ressemble davantage à une promesse qu’à une véritable expérience aboutie : de quoi séduire les fans du premier Solasta et les amateurs de RPG tactiques, tout en laissant planer des interrogations sur la capacité du jeu à pleinement concrétiser ses ambitions d’ici sa sortie.