Destiné aux amateurs de piraterie, Windrose est un jeu de survie, d’aventure et d’exploration doté d’une légère dimension Souls-like. Le tout est jouable en solo ou en coopération jusqu’à quatre joueurs, exclusivement en JcE. Développé par Kraken Express et édité par Pocketpair, le jeu n’est pour le moment disponible que sur PC en accès anticipé et nous n’avons encore aucune information concernant sa date de sortie définitive ni les futurs supports pris en charge. Après près de trente heures de navigation, de combats navals et d’exploration de ruines en taillant des vauriens et des macchabées au sabre d’abordage, découvrez nos impressions sur l’accès anticipé de Windrose.
Preview réalisée sur PC grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur
Un monde à l’ère des pirates à explorer
Tout commence par la création du personnage. Très sommaire en matière de personnalisation, l’éditeur permet néanmoins de créer un pirate qui nous ressemble ou de concevoir le forban idéal. L’aventure débute ensuite sur un navire dont nous sommes le capitaine. Celui-ci est attaqué par les pirates de Barbe Noire, venus récupérer une mystérieuse relique en notre possession. Une grande partie de notre équipage périt, le navire sombre et notre capitaine fraîchement créé trouve lui aussi la mort. Enfin, pas tout à fait, puisqu’une force mystérieuse liée à l’artefact le ramène à la vie. Notre pirate se réveille alors sur les rivages d’une île faisant office de didacticiel, où s’enchaînent les premières tâches : feu de camp, tente, cuisine, établi, etc. Le jeu introduit progressivement ses mécaniques de survie et de construction de base. Le but : se remettre sur pied et préparer sa vengeance.
Au lancement de l’aventure, quatre niveaux de difficulté sont disponibles : Eaux calmes, Haute mer, Au bord de la tempête et Choix du capitaine. Ce dernier permet de personnaliser de nombreux paramètres comme la santé et les dégâts des ennemis, l’exploration immersive ou encore la difficulté des abordages. Pour les besoins de cette preview, nous avons joué en difficulté standard, à savoir Haute mer, et croyez-nous, cela représente déjà un défi conséquent.

Le monde de Windrose est vaste et généré procéduralement. Aucune carte n’est identique, ce qui encourage l’exploration continue et limite la redondance, notamment lorsque l’on rejoint la session d’amis. Le jeu est jouable jusqu’à quatre joueurs en coopération JcE. Bien que le monde soit généré aléatoirement, il reste segmenté par niveaux. En théorie, plus vous vous éloignez de votre zone de départ, plus la difficulté augmente. Le jeu conduit donc naturellement à l’exploration, puisque celle-ci ne peut se faire sans montée en puissance ni équipement adapté. La progression et la découverte de nouveaux matériaux ou schémas sont également liées à l’aventure principale. Certains éléments ne se débloquent qu’après certaines quêtes. Ceux qui espéraient trouver dans Windrose un gigantesque bac à sable totalement libre risquent donc d’être surpris.
La dimension survie se montre d’ailleurs un peu décevante. Nous aurions apprécié pouvoir réellement mourir de faim ou de soif. Ici, la faim limite simplement la régénération de la vie et de l’endurance tandis que la soif est absente. À la place, comme tout pirate qui se respecte, le jeu nous encourage à nous rincer le gosier à grandes rasades de rhum, de grog et d’alcools divers. Ces boissons accordent différents bonus, allant d’une meilleure santé à une augmentation de l’attaque. La cuisine, elle aussi facultative, permet néanmoins de préparer des plats offrant des bonus non négligeables en combat.
Nous évoquions plus tôt une légère dimension Souls-like, et celle-ci se manifeste notamment à travers le système de réapparition. Lorsqu’un pirate meurt, il réapparaît au dernier point de réapparition défini, un peu à la manière des feux dans les Souls. Il est toutefois assez simple de choisir ses points de retour puisque l’on peut construire des points de réapparition un peu partout. L’autre aspect rappelant le genre concerne les combats de boss, particulièrement exigeants et nécessitant souvent plusieurs tentatives. Cependant, une fois les points de réapparition bien placés, la difficulté diminue de plusieurs crans.

Le système de combat reste simple mais efficace : attaque légère, attaque lourde, compétence spéciale et tirs à distance. Windrose propose une grande variété d’armes, allant du sabre d’abordage aux grandes épées à deux mains, en passant par les massues ou les fleurets. Les armes à distance sont elles aussi nombreuses : pistolets, fusils, mousquets, tromblons, etc. Chaque arme possède des statistiques variant de D à S selon différents attributs comme la force ou l’agilité. Il convient donc de choisir un équipement adapté à la configuration de son personnage afin d’en maximiser l’efficacité. Libre à vous d’allouer vos points en montant de niveaux. Les armes à feu nécessitent poudre et munitions. Si la poudre noire se fait rare au début de l’aventure, les balles restent faciles à fabriquer. Et en cas de pénurie, il est même possible d’utiliser des perles de coquilles Saint-Jacques comme projectiles. Rien ne se perd, tout se transforme dans Windrose.
Windrose propose des combats terrestres et des batailles navales intenses.
La véritable force du jeu réside dans son exploration. Comme expliqué précédemment, le monde est généré procéduralement et chaque partie propose donc une carte différente. Celle-ci est composée de centaines d’archipels, obligeant le joueur à prendre la mer pour voguer d’île en île. Chaque territoire regorge de mystères, de donjons à explorer et de quêtes à accomplir : chasse au trésor, vengeance, récupération d’artefacts, etc. C’est là tout l’attrait de Windrose : il y a constamment quelque chose à découvrir. Plusieurs biomes sont disponibles, chacun accompagné de sa propre faune et de ses dangers. Jungles luxuriantes peuplées de sangliers agressifs, contreforts inspirés des Balkans, infestés de loups affamés ou encore marécages corrompus, habités par des créatures démoniaques.


Bien évidemment, naviguer sur les flots de Windrose n’a rien d’un long fleuve tranquille. Il est très fréquent de croiser des navires ennemis de toutes tailles et de tous niveaux. Certains transportent des trésors particulièrement convoités. Pour récupérer leur cargaison, il faudra non seulement remporter la bataille navale à coups de canon, mais aussi aborder le bâtiment ennemi et vaincre son équipage. Windrose est un véritable condensé de folklore pirate et correspond parfaitement à l’image que l’on peut se faire d’un univers de piraterie. Les combats navals sont intenses et demandent anticipation et précision. Une vague trop haute ou une mauvaise manœuvre peuvent suffire à faire échouer une salve entière. Des kits de réparation permettent de maintenir son navire à flot, mais face à un adversaire trop puissant, cela ne suffira pas toujours.
Les phases de navigation paisibles sont tout aussi agréables. Le jeu offre régulièrement des panoramas magnifiques et les voyages rapides sont accompagnés de chants marins interprétés par l’équipage, donnant presque envie de ne jamais accoster. Pourtant, poser pied à terre reste essentiel pour améliorer son navire. Depuis la base principale, il est possible de réparer sa coque, de changer de modèle de bateau ou encore d’améliorer l’armement, les capacités d’abordage et les canons. Toutes ces améliorations nécessitent bien évidemment des matériaux récoltés au fil de l’exploration ou fabriqués via les différents ateliers.

Le même principe s’applique aux armes et armures. Les marchands présents dans les îles habitées proposent des schémas échangeables contre de la monnaie, qu’il faudra ensuite fabriquer à la base. Les objets disponibles dépendent des relations entretenues avec les différentes factions. Accomplir des quêtes et fournir les ressources demandées permet d’améliorer sa réputation et d’accéder à un équipement plus avancé. Windrose propose ainsi un mélange particulièrement efficace entre craft, exploration et combats.
Les bases ne servent pas uniquement à fabriquer et à réparer de l’équipement. Une autre mécanique importante entre en jeu : le confort. Plus votre base est confortable, plus elle procure de bonus passifs intéressants à votre personnage. Les bases servent également à stocker les ressources, et Windrose propose à ce sujet l’un des systèmes de gestion d’inventaire les plus intelligents qu’il nous ait été donné de voir. Une simple touche permet de transférer automatiquement les ressources similaires vers les coffres correspondants. Adieu les longues séances de tri fastidieuses : ici, vider son inventaire ne prend que quelques secondes. Le camp peut aussi devenir l’abri de nouveaux compagnons à recruter ici et là et qui permettent d’obtenir des bonus passifs lors du craft de ressources ou d’équipement.

Une technique très solide sur Unreal
Enfin, nous n’avons rencontré que très peu de bugs durant nos sessions de jeu. Hormis quelques collisions imparfaites, rien de particulièrement gênant n’est à signaler. Windrose propose de nombreux paramètres de gestion des performances PC sans oublier les traditionnels modes Performance et Qualité, ici Windrose en propose tout un tas. Pour cette preview, nous jouions sur une configuration correspondant aux recommandations du jeu : processeur Intel i7-12700, RTX 3060 avec 12 Go de VRAM, 16 Go de RAM et SSD. Notre écran Full HD 16:9 était parfaitement pris en charge, tout comme les formats ultrawide 21:9 et la 4K.
Le jeu utilise Unreal Engine et propose donc diverses technologies de rendu comme le ray tracing ainsi que plusieurs solutions d’upscaling : FSR, DLSS et TSR. Ces technologies améliorent significativement la fluidité et le rendu graphique, même sur des configurations modestes. Et le résultat se révèle véritablement bluffant.
Verdict
Avec son mélange efficace de survie, d’exploration, de combats navals et de progression coopérative, Windrose parvient déjà à proposer une formule particulièrement addictive malgré son statut d’accès anticipé. Le titre de Kraken Express séduit avant tout par son univers de piraterie généreux, son exploration procédurale constamment renouvelée et ses affrontements maritimes aussi spectaculaires que tendus. Tout n’est cependant pas parfait. La dimension survie reste assez superficielle, certaines mécaniques Souls-like manquent encore d’équilibrage et les amateurs de sandbox totalement libre pourraient être déçus par une progression relativement encadrée. Malgré cela, après plusieurs dizaines d’heures, Windrose laisse déjà entrevoir un potentiel particulièrement solide. Si le suivi en accès anticipé reste sérieux, le jeu pourrait bien devenir une référence incontournable pour les amateurs d’aventures pirates coopératives.