Après sa sortie en début d’année exclusivement sur Nintendo Switch 2, Gear.Club Unlimited 3 atterrit en ce début de mois d’octobre sur les autres supports. Si la concurrence était aux abonnés absents sur la console de Nintendo pour ce genre, la situation est bien différente sur consoles et PC. Avec un troisième épisode prometteur sur le papier, Gear.Club Unlimited 3 réussit-il son pari ? Pour le coup, nous n’avons pas été réellement convaincus par la proposition dans son ensemble.
Testé sur PS5 Pro grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur
Bienvenue au club
Si vous ne connaissez pas la franchise Gear.Club Unlimited, une petite piqûre de rappel s’impose. Développée par Eden Games, la série est historiquement liée aux consoles de Nintendo depuis sa naissance fin 2016 avec un premier épisode plutôt apprécié. Deux ans plus tard, Gear.Club Unlimited 2 débarquait sur la même machine, avant qu’une version Ultimate ne voit le jour trois ans plus tard sur d’autres supports. D’ailleurs, nous vous invitons à consulter notre test de Gear.Club Unlimited 2: Ultimate Edition lors de sa sortie sur PS5.
Le concept de ce troisième épisode reprend les fondations des précédents volets : la gestion d’un club, d’un garage de véhicules et de différents ateliers permettant d’améliorer les caractéristiques de vos voitures. Bien entendu, il faudra réfléchir aux améliorations à appliquer, car l’argent est limité et l’enchaînement des courses ne suffit pas toujours à tout financer sereinement. Comme c’est devenu la norme dans les jeux de course, on alterne entre routes françaises et japonaises. Avec une cinquantaine de tracés au total, le contenu reste appréciable, tout comme la quarantaine de véhicules disponibles (BMW, Honda, Porsche…), même si ce nombre est inférieur à celui de l’épisode précédent (51 voitures jouables).

En revanche, le mode principal – le mode histoire – reste assez convenu dans sa structure. Au‑delà de la gestion et de la collection, les courses se ressemblent trop et les variantes sont trop peu nombreuses. Divisé en huit chapitres, il faudra compter une vingtaine d’heures pour en voir le bout. Le scénario, lui, manque clairement d’intérêt : étendre l’influence du club à travers le monde n’a rien de passionnant, et les dialogues prennent la forme de planches visuellement pauvres, sans doublage, rendant l’ensemble très monotone. On finit par lire en diagonale et enchaîner les courses sans réel engagement narratif.
D’autres modes sont accessibles, notamment un mode local jusqu’à deux joueurs permettant de rejouer les mêmes tracés que ceux du mode histoire. En revanche, aucun mode en ligne n’est proposé, hormis des classements pour le contre‑la‑montre. Une petite déception, surtout quand on sait ce que proposent les concurrents sur ce terrain. Avec un contenu hors histoire relativement léger, il est temps de se demander si Gear.Club Unlimited 3 a su se mettre à la hauteur techniquement pour son arrivée sur les autres supports.
Des limitations techniques indéniables
Loin d’être une référence technique sur Nintendo Switch 2, et après un second épisode assez moyen dans son portage PS5, nous étions curieux de découvrir le résultat de cette nouvelle version sur la console de Sony. Une nouvelle fois, nous restons sur notre faim. De belles destinations, jeu de voitures… tout semblait réuni pour que le studio opte enfin pour l’Unreal Engine. Et pourtant, Eden Games a choisi de poursuivre avec Unity. Si les véhicules bénéficient d’une réalisation globalement correcte, le reste du titre est loin d’être irréprochable techniquement.
Malgré quelques panoramas agréables, l’ensemble paraît superficiel, avec un manque flagrant de détails environnementaux que l’on retrouve néanmoins dans d’autres productions du genre. Ne vous attendez pas à des feuilles qui volent, à des variations climatiques ou à des éléments dynamiques capables d’apporter un rendu plus vivant et moins générique. C’est d’ailleurs l’un des points faibles du jeu : les environnements évoluent très peu du début à la fin. La France avec ses larges routes, le Japon avec son trafic dense… et c’est à peu près tout. On pouvait espérer davantage de variété pour un troisième épisode censé marquer une montée en gamme.

Testé sur PS5 Pro, le titre est présenté comme optimisé pour la console la plus puissante du marché à l’heure actuelle. Si les intérieurs des véhicules sont plutôt bien modélisés, l’optimisation laisse à désirer : nous avons constaté plusieurs chutes de framerate, parfois très violentes, notamment lorsque plusieurs voitures passent simultanément à l’écran après un dérapage mal contrôlé ou en présence de fumée de drift mal gérée. La version testée étant la build 1.01, il n’est pas impossible que des mises à jour viennent corriger ces problèmes. Contrairement à la version Nintendo Switch 2, aucun mode graphique n’est proposé : l’expérience est donc identique pour tous les joueurs, avec un 60 fps qui n’est pas toujours constant sur PS5 Pro.
Si graphiquement le retard technique reste conséquent face aux concurrents, il faut reconnaître un sound design plutôt qualitatif. Les bruitages sont cohérents, avec des moteurs qui vrombissent de manière crédible. En revanche, les trois radios proposées sont assez moyennes : les morceaux peinent à rester en tête et les thèmes manquent d’énergie. On finit par lancer sa propre playlist en fond pour profiter du jeu, d’autant que celui‑ci ne propose ni doublage pour les dialogues, ni narrateur pour accompagner la progression.
Un gameplay arcade plutôt agréable
À la lecture de ce test, on pourrait croire que Gear.Club Unlimited 3 passe complètement à côté de son sujet, mais nous n’avons pas encore abordé l’un des éléments les plus importants : le gameplay. Et pour le coup, le titre propose une approche hybride entre simulation et arcade. Il est important d’expliquer ce fonctionnement, car ce mélange pourrait laisser certains joueurs sur le bas‑côté.
D’un côté, la conduite offre des sensations intéressantes, proches de ce que l’on retrouve dans The Crew Motorfest ou Forza Horizon 5, bien plus que dans un Gran Turismo 7. Les dérapages s’effectuent avec une facilité déconcertante, les virages restent accessibles, et l’ensemble propose un pilotage “clé en main” qui conviendra à la majorité des joueurs.

Mais contrairement aux productions d’Ubisoft ou de Playground Games, s’appuyer sur les murs ou percuter les véhicules adverses est pénalisé. Comme évoqué plus haut, les crédits accumulés servent à améliorer ou acheter des voitures, et tout manquement aux règles du club entraîne des pénalités financières, variables selon la gravité de la collision. On pourra parfois s’appuyer légèrement sur un concurrent pour négocier un virage, mais on prendra aussi le risque de perdre de précieux deniers au moment du bilan de la course. Le système Unlimited, qui récompense une conduite propre par davantage de ressources, pousse clairement à réfléchir avant de foncer tête baissée dans le peloton.
Nous avons conduit une dizaine de véhicules différents lors de notre test, et les différences de gabarit comme de statistiques sont bien étudiées. Certains modèles sont nettement plus rapides, mais aussi plus délicats à manier : quelques voitures se comportent même comme de véritables savonnettes, rendant les améliorations indispensables pour espérer performer. Il est également possible de changer de vue à la volée, notamment pour passer en vue intérieure. Si la modélisation reste sommaire, cette option apporte une immersion supplémentaire, même si nous avons privilégié la vue classique.
Pour conclure sur le gameplay, il est essentiel d’aborder l’IA, qui souffre d’un équilibrage à revoir. Performante en ligne droite, elle devient totalement dépassée dans les virages, ce qui permet de creuser l’écart très rapidement. De notre côté, très peu d’épreuves ont réellement posé problème, d’autant que les paramètres d’accessibilité et de jouabilité sont minimalistes : l’absence de systèmes d’aide plus avancés frustrera les joueurs en quête d’une expérience plus fine et plus technique. Côté assistance, on se contente du freinage assisté, du contrôle de traction et du passage manuel des vitesses – rien de plus. En 2026, on était en droit d’en attendre davantage.
Verdict
Gear.Club Unlimited 3 reprend une formule déjà bien connue des amateurs de la série, mais n’arrive toujours pas à franchir ce cap tant attendu. Tournant sous Unity, le titre accuse sérieusement le poids des années : les limites techniques se font sentir, et même sur PS5 Pro, nous avons constaté quelques ralentissements. Le mode histoire, lui, n’a quasiment pas évolué, enchaînant les courses avec des séquences narratives peu inspirées et rarement pertinentes. Si le gameplay reste globalement agréable, on regrettera une physique parfois étrange et une conduite pas assez modulable, qui enlèvent une partie du plaisir de pilotage. Un titre à suivre pour les amateurs de jeux de course qui veulent simplement enchaîner les tracés avec un petit aspect gestion sans prise de tête.
Points forts
- Les voitures globalement bien modélisées
- Certains environnements plutôt accueillants
- Le gameplay arcade qui se prend toujours rapidement en main
- Une durée de vie plutôt intéressante
- Des tracés et des voitures présents en nombre
- La présence d'un mode multijoueur en local
- Plusieurs vues sont proposées (dessus, cockpit...)
Points faibles
- Encore très imparfait techniquement avec un moteur Unity plus adapté au genre
- Des sensations de pilotage parfois assez étranges
- Des bugs encore assez nombreux, notamment au niveau de l'IA des véhicules non-jouables
- La structure du mode histoire hyper datée avec aucun doublage français
- Manque de personnalisation dans le gameplay et options d'accessibilité minimalistes
- Aucun mode en ligne, à l'exception des classements en contre-la-montre
- Seulement trois radios avec des thèmes peu marquants