TEST Orbitals : une mise sur orbite réussie pour les amateurs de coopération

Parmi les exclusivités Nintendo Switch 2 les plus attendues de cette fin d’année 2026, Orbitals figurait en bonne place sur notre radar. Et bonne nouvelle : le titre n’a pas déçu nos attentes. Développé par le studio japonais Shapefarm, ce jeu coopératif s’impose comme l’une des belles surprises de cette rentrée vidéoludique. Grâce à sa direction artistique aussi originale que soignée, il avait déjà attiré de nombreux regards lors de ses différentes apparitions au cours des derniers Nintendo Direct. Mais au-delà de son esthétique réussie, Orbitals propose une aventure coopérative particulièrement inspirée. Retour sur une expérience de grande qualité qui apporte un vent de fraîcheur dans le paysage vidéoludique.

Testé sur Nintendo Switch 2 grâce à une version numérique fournie par l’éditeur

Un brillant enrobage inspiré des années 80

Si l’époque du Club Dorothée vous manque, Orbitals devrait sans aucun doute vous faire retomber quelques décennies en arrière. C’est en tout cas le sentiment qui régnait au sein de la rédaction lors de son annonce aux The Game Awards 2025. Avec son petit bonhomme bleu et ses cinématiques en 2D rappelant fortement les années 80 ainsi que les premiers mangas diffusés sur nos écrans, Orbitals avait déjà de sérieux arguments sur le plan artistique. Les amateurs de musique électronique y verront même quelques similitudes avec le clip de One More Time de Daft Punk, tant certaines ambiances évoquent un agréable sentiment de déjà-vu. Et pour le coup, Orbitals est une production qui possède véritablement quelque chose de spécial, une identité que l’on retrouve trop rarement dans le paysage vidéoludique actuel.

Tout d’abord, il convient de rappeler que le jeu, édité par Kepler Interactive, à qui l’on doit notamment l’édition de Clair Obscur: Expedition 33, est une exclusivité Nintendo Switch 2. Reste à savoir s’il s’agit d’une exclusivité temporaire ou définitive, la question demeurant sans réponse à l’heure où nous écrivons ces lignes. Une chose est sûre cependant : tout porte à croire que le titre a été pensé et conçu pour la dernière console du constructeur japonais. Le jeu bénéficie en effet d’une excellente optimisation. Certes, certains modèles 3D ne sont pas toujours très flatteurs et plusieurs textures paraissent quelque peu datées, notamment sur certains murs et éléments de décor. Néanmoins, le style cel-shading adopté pour les personnages permet à l’ensemble de dégager une forte personnalité visuelle et un rendu global très convaincant.

Pour notre test, notre rédacteur et sa partenaire de jeu ont découvert l’aventure dans deux configurations différentes : le premier en mode salon, tandis que la seconde a privilégié le mode portable. Dans les deux cas, le résultat s’est montré convaincant : aucun ralentissement notable n’a été observé et le titre est resté parfaitement fluide en toutes circonstances. Quelle que soit la façon dont vous choisissez d’y jouer, sachez toutefois qu’Orbitals est limité à 30 images par seconde. Aucun mode Performance ou Qualité n’est proposé dans les options. Cela dit, compte tenu du genre et des choix artistiques opérés par le studio, il n’y a pas réellement de raison de viser absolument les 60 fps. On s’habitue très rapidement à ce parti pris, qui ne s’avère jamais gênant durant l’aventure.

La direction artistique se révèle d’ailleurs tout simplement sublime. Les personnages, leurs modélisations ainsi que leur chara-design sont particulièrement réussis. Certains passages évoquent même les œuvres du Studio Ghibli, avec des inspirations qui semblent directement puisées dans plusieurs des films emblématiques du studio japonais. Qu’il s’agisse des protagonistes ou des personnages secondaires, tout respire la douceur et le confort dans un univers particulièrement chaleureux. Une impression renforcée par une partie sonore qui contribue pleinement à la qualité de la réalisation.

C’est simple : la bande originale d’Orbitals est excellente. Déjà disponibles sur les plateformes de streaming, les compositions signées Falk & Klou accompagnent parfaitement l’action et les aventures de nos deux héros. Mention spéciale également à la gestion des langues, puisqu’il est possible de dissocier la langue des textes de celle des voix. Nous avons ainsi testé aussi bien les doublages français que japonais et, quel que soit votre choix, le résultat se montre à la hauteur grâce à un casting vocal particulièrement convaincant.

Des mécaniques coopératives maîtrisées

Le plus important dans un jeu coopératif, comme dans toute production vidéoludique, reste bien entendu son gameplay. Sur ce point, Orbitals s’inscrit dans la lignée des meilleures expériences coopératives de ces dernières années.

On retrouve tout d’abord une présentation familière avec un écran scindé verticalement permettant de suivre simultanément les actions des deux joueurs. Nous y reviendrons plus tard, mais ce choix de mise en scène est indispensable pour garder un œil sur son partenaire et coordonner efficacement ses actions. En revanche, en mode portable sur Nintendo Switch 2, il peut arriver que certains éléments manquent légèrement de lisibilité en raison de la taille réduite de l’écran. Sur télévision, en revanche, nous n’avons rencontré aucun problème de ce côté-là.

Le titre bénéficie d’un gameplay parfaitement maîtrisé et fait un usage particulièrement pertinent des différents objets rencontrés au fil de l’aventure. Contrairement aux productions de Josef Fares, chaque joueur est libre de choisir les outils qu’il souhaite utiliser. Ainsi, le choix entre Maki et Omura au début de la partie se révèle finalement assez secondaire. Les véritables décisions se prennent au cours de l’aventure : qui pilote le vaisseau ? Qui utilise tel ou tel équipement ? D’autant plus que les objets changent régulièrement d’un chapitre à l’autre, permettant à chacun d’expérimenter l’ensemble des mécaniques de gameplay.

Car malgré un nombre relativement limité d’outils à disposition, Orbitals impressionne par l’intelligence de son level design et surtout de son game design. La progression de la difficulté est particulièrement bien dosée. Chaque nouvelle mécanique est d’abord introduite dans des situations simples avant d’être poussée dans ses retranchements au fil de l’aventure. Plus vous maîtriserez vos outils et votre synchronisation avec votre partenaire, plus les défis gagneront en complexité.

Pour profiter pleinement de l’expérience, l’utilisation d’un moyen de communication vocal est quasiment indispensable. En effet, le jeu ne propose pas de chat vocal intégré. Cela dit, ce n’est pas réellement un problème puisqu’il est exclusivement disponible sur Nintendo Switch 2. En cas de partie en ligne, il suffit d’utiliser la fonctionnalité GameChat, qui s’est montrée irréprochable durant l’intégralité de notre aventure.

Si vous rencontrez des difficultés face à certaines énigmes ou séquences demandant une synchronisation particulièrement précise, le jeu propose heureusement plusieurs aides. Il est notamment possible d’augmenter la marge d’erreur autorisée ou de bénéficier de quelques indices vocaux bienvenus.

Orbitals ne se joue pas uniquement à pied puisque l’aventure nous emmène également dans l’espace. La structure générale reste toujours la même : lancement d’un chapitre depuis le vaisseau principal, embarquement dans une navette, puis exploration de différentes zones une fois sur place. Une formule qui pourrait sembler redondante sur le papier. Heureusement, les séquences à bord du vaisseau sont suffisamment courtes pour ne jamais casser le rythme de l’aventure.

C’est d’ailleurs l’un des rares aspects qui nous a légèrement déçus. Les phases en vaisseau auraient mérité davantage d’ambition. Bien qu’elles bénéficient d’une réalisation en 3D avec une vue à la troisième personne, notre appareil reste cantonné à une trajectoire très dirigiste, ne pouvant ni prendre véritablement de l’altitude ni offrir une réelle liberté de déplacement. Même constat pour les affrontements contre les boss et les différentes séquences de transition spatiales, qui manquent parfois de dynamisme.

Le premier joueur se charge du pilotage tandis que le second assure la destruction des ennemis. Malheureusement, ces sections manquent de profondeur et l’on se rend rapidement compte qu’esquiver de manière instinctive suffit souvent pour s’en sortir sans encombre. Le faible nombre de combats de boss constitue également une petite déception. Il s’agit finalement de nos deux principaux reproches concernant le gameplay, ce qui témoigne néanmoins de la qualité globale du reste de l’expérience.

Pour le reste, malgré un manque de collectables ou de secrets susceptibles de renforcer la rejouabilité, Orbitals se parcourt avec un immense sourire. Au fil des chapitres, les personnages gagnent en profondeur et deviennent toujours plus attachants.

Chaque niveau permet également de débloquer un mini-jeu accessible depuis le vaisseau principal. Un classement local recense même les meilleures performances réalisées. Une fois l’aventure terminée, ces activités restent disponibles via un menu dédié. Simples, efficaces et particulièrement amusants, ces mini-jeux apportent une bienvenue bouffée d’air frais entre deux séquences plus exigeantes. Ils témoignent surtout de la volonté des développeurs de varier constamment les situations afin d’éviter toute lassitude.

Car contrairement à ce que son apparence chaleureuse pourrait laisser penser, Orbitals n’est pas un jeu coopératif aussi accessible qu’il en a l’air. Si la difficulté progresse avec beaucoup de cohérence, nous ne le conseillerions pas forcément à un joueur n’ayant jamais touché à un jeu vidéo auparavant. Plus l’aventure avance, plus les timings deviennent exigeants. Le principe des deux parcours parallèles, sur lesquels les joueurs doivent régulièrement s’entraider, demande une coordination de plus en plus précise. Certaines séquences de plateforme particulièrement techniques pourraient également décourager les moins expérimentés.

De notre côté, nous n’avons jamais rencontré de véritable blocage. Néanmoins, l’exigence de certains passages, combinée à un nombre croissant d’actions à maîtriser, pourrait compliquer l’expérience pour les néophytes. Il convient toutefois de souligner qu’aucun bug n’est venu perturber notre progression et que la caméra s’est montrée exemplaire du début à la fin de l’aventure, un élément souvent sous-estimé mais essentiel pour rendre l’expérience agréable aux joueurs les moins habitués au genre.

Un titre bien trop court accessible sous plusieurs formes

Orbitals est un jeu d’action coopératif jouable uniquement avec deux joueurs, aussi bien en ligne qu’en local. Ce jeu d’aventure n’est donc pas destiné aux personnes qui veulent profiter d’une aventure en solo. L’histoire est faite pour se partager à deux, et pour le coup le scénario d’Orbitals ne nous a pas réellement convaincu. L’histoire s’inspire visiblement d’œuvres comme Cowboy Bebop, Dragon Ball, Neon Genesis Evangelion et de certains films du Studio Ghibli, avec une ambiance rétro-anime chaleureuse et optimiste, mais en 2026 on ne peut pas dire que ce dernier nous ait réellement emballé.

Un joueur incarne donc Maki, l’autre Omura qui sont deux jeunes explorateurs spatiaux inséparables. Leur station spatiale, qui sert de foyer à leur communauté, se retrouve piégée au cœur d’une mystérieuse tempête cosmique surnaturelle qui menace de la détruire. Pour sauver leur monde, les deux héros doivent quitter la sécurité relative de leur station et partir dans l’espace profond à la recherche d’une solution. Leur voyage les amène à traverser des champs d’astéroïdes, explorer des stations abandonnées, rencontrer d’étranges créatures et découvrir les secrets cachés derrière cette tempête.

Divisé en plusieurs chapitres (rejouables directement via le menu du jeu), on part donc à la conquête de matériaux essentiels à notre survie. Si les environnements sont variés, on reprochera surtout une durée de vie trop courte et une rejouabilité nulle. En effet, à l’exception d’un mini-jeu à débloquer par chapitre, aucun collectible n’est prévu. Par rapport aux derniers titres de Hazelight Studios où l’on s’amusait à fouiller chaque environnement à la recherche d’un clin d’œil, d’un mini-jeu ou d’une action rigolote à faire, Orbitals ne dispose pas de tous ces éléments pour nous convaincre de revenir sur le titre une fois l’aventure terminée.

De notre côté, nous avons eu besoin de trois sessions d’une heure et demie environ pour voir le générique de fin. Ainsi, comptez entre quatre heures et six heures pour les moins habitués afin de voir le bout de cette aventure. Néanmoins, au vu de l’issue finale, il n’est pas impossible de voir un contenu téléchargeable narratif ou un second épisode arriver en fonction du succès de ce Orbitals. En revanche, pour un jeu vendu 39,99€, l’aventure est un peu courte et on sent qu’il y avait du potentiel pour développer davantage le scénario. Car finalement tout va assez vite, mais c’est également le signe que nous avons passé un très bon moment sur ce Orbitals.

Concernant les façons de jouer au titre, il faut noter qu’il est possible d’y jouer à deux joueurs sur une même console avec un Joy-Con par joueur. Le titre est également jouable à la manette Pro (ce que nous avons fait) et c’est réellement la manière la plus plaisante d’y jouer. Le gros point fort du jeu réside dans toutes ces fonctionnalités en ligne : n’importe quel joueur peut télécharger sur le Nintendo eShop le Pass Ami qui est gratuit. Ainsi, il suffit que seulement l’un des deux joueurs soit propriétaire d’un exemplaire du jeu : une technique courante depuis A Way Out qu’il faut toujours mentionner positivement. À noter toutefois que dans cette configuration, les deux joueurs devront disposer d’un abonnement au Nintendo Switch Online.

Enfin, sachez que le GameShare est également pris en charge. Il est donc possible de jouer au titre via une Nintendo Switch ou Switch 2 qui n’a pas téléchargé le jeu via un réseau commun (Internet ou local avec une Switch 2, local uniquement avec une Switch). En bref, Orbitals est une aventure accessible par de nombreux biais à condition de disposer au moins d’un exemplaire du jeu. Mais tout est fait pour que vous l’essayiez, et surtout que vous puissiez l’adopter comme l’une des meilleures exclusivités sorties à ce jour.

Verdict

Orbitals est incontestablement le titre coopératif que nous attendions depuis son annonce. Avec sa direction artistique qui transpire la nostalgie et son gameplay particulièrement bien pensé, nous avons apprécié parcourir le titre et résoudre ses multiples énigmes. Jouable aussi bien en ligne qu’en coopération locale avec une compatibilité GameShare, on peut dire que la Nintendo Switch 2 tient une exclusivité hors Nintendo ultra-pertinente pour tous les fans de It Takes Two ou de Split Fiction. Il est simplement dommage que le générique de fin arrive si précipitamment car nous en voulions encore… Si vous recherchez un jeu coopératif de qualité sur la dernière console de Nintendo, Orbitals est fait pour vous !

80/100
Score total iIl s'agit d'une appréciation générale du jeu de la part du testeur et non d'une note à proprement parler

Points forts

  • Une direction artistique inspirée années 80 assez incroyable
  • Gameplay coopératif intelligent et bien pensé
  • Des phases plus ardues qui plairont aux habitués
  • Une OST magnifique avec des doublages français et japonais de qualité
  • Les petits minis-jeux qui cassent avec la routine d'exploration
  • La présence d'un Pass Ami pour jouer avec une seule copie du jeu en ligne

Points faibles

  • Bien trop court pour en voir le bout (4/5h de jeu)
  • Rejouabilité ultra-limitée
  • Les phases en vaisseau qui mériteraient davantage de profondeur
  • Scénario qui manque d'intérêt
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