WARDOGS est un projet développé par Bulkhead et édité par Team17. Si Bulkhead ne vous dit rien, ce n’est pas anormal. Fondé en 2014, le studio a principalement travaillé sur des projets indépendants et est passé par plusieurs genres avant de s’orienter vers le FPS compétitif. Il vient de sortir WARDOGS en accès anticipé. Un lancement tellement anticipé que ses développeurs eux-mêmes n’avaient pas anticipé un tel succès.
Preview réalisée sur PC grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur
Le meilleur des deux mondes
Qu’est-ce qui a bien pu permettre à WARDOGS d’exploser les compteurs en une semaine à peine post lancement ? C’est simple : c’est un FPS tactique avec un système de jeu qui s’apparente au roi de la colline, l’équipe en supériorité numérique dans une zone fait marquer des points à son équipe. Jusque-là, rien d’anormal, nous diriez-vous ? Ce qui a conduit WARDOGS à connaître un tel succès à son lancement en accès anticipé, ce n’est pas qu’une simple recette : c’est l’addition de plusieurs ingrédients qui en ont changé la formule.

Premièrement, il n’y a pas deux équipes, mais trois, avec 100 joueurs répartis équitablement entre elles. Il n’y a donc jamais, ou rarement, de domination préétablie, puisque chaque équipe a deux adversaires et que chacune peut renverser le cours de la bataille si l’on n’y prête pas attention. Ensuite, contrairement aux autres FPS qui récompensent les capacités individuelles, WARDOGS valorise le travail d’équipe et toutes les contributions : que ce soit le conducteur d’hélicoptère qui transporte les fantassins près de la zone à capturer, le conducteur de camion qui transporte des marchandises pour ravitailler la FOB ou celui qui construit des fortifications autour de celle-ci, toutes les petites actions peuvent contribuer à mener son équipe vers la victoire. Le fait le plus intéressant ici est qu’à aucun moment nous n’avons cité une action armée. C’est l’une de ses mécaniques les plus distinctives. Les joueurs ne gagnent pas seulement de l’argent en éliminant des ennemis, mais aussi en soignant, en réanimant, en transportant des coéquipiers ou en participant aux objectifs. WARDOGS peut se jouer entièrement sans tirer un seul coup de feu à l’image de ces héros pas si anonymes qui passent leurs parties à réanimer des joueurs dans Battlefield 6.



Ici, pas de points dans le classement, mais de l’argent qui permet d’acheter de meilleurs équipements, des véhicules et des accessoires tactiques entre autres. Les joueurs qui contribuent le plus sont valorisés au classement et ce, même s’ils n’ont abattu aucun ennemi. Le jeu permet toutefois de gagner de l’expérience et de débloquer de nouveaux paliers de contribution : logistique, assaut, soins, etc ; pour pouvoir débloquer de nouveaux équipements grâce à vos actions passées. WARDOGS est un jeu qui s’adresse à la fois aux fans et aux frustrés des jeux tels que Battlefield et Hell Let Loose en mélangeant plusieurs éléments de la même formule pour en changer la recette.
Si le concept est prometteur sur le papier, les débuts sont très brouillons une fois en jeu. Malgré un didacticiel optionnel réussi haut la main, le jeu présente de telles particularités qu’il reste difficile à prendre en main. Par ailleurs, nous parlons ici d’un FPS tactique et, qui dit tactique, dit chaîne de commandement. Contrairement à d’autres jeux du genre, tels que Hell Let Loose, il n’y a ici aucune chaîne de commandement et, en théorie, tout le monde sait ce qu’il a à faire et y contribue à sa manière. Un chat local et un chat d’escouade sont mis à disposition pour se coordonner, mais cela reste souvent insuffisant. On se retrouve bien souvent à suivre le mouvement et le schéma qui s’est naturellement imposé : les rouges sont les nerveux, les verts, des tacticiens et les bleus, des perdants.
WARDOGS peut se jouer sans aucune compétence particulière en combat ou en tactique. Nous avons nous-mêmes passé des parties entières à livrer des marchandises à notre FOB ou encore à réparer celle-ci. En partie parce que nous ne sommes pas très forts dans les FPS au clavier et à la souris, il faut l’avouer, mais aussi parce que les mécaniques de construction et de fortification sont très grisantes lorsqu’on prend en compte la topographie du terrain, les itinéraires possibles pour livrer les stocks ou encore les dangers potentiels. WARDOGS privilégie le placement, la lecture du terrain et la coordination plutôt que les déplacements acrobatiques et les réapparitions frénétiques associés à certains FPS compétitifs.
On ressent tout de même les limites d’un studio indépendant et d’un jeu en accès anticipé. Les serveurs ont eu beaucoup de mal à fonctionner au lancement, l’interface des menus est très archaïque et les commandes des véhicules sont elles aussi rebutantes. Les graphismes ne sont pas non plus folichons. Il faut également préciser que nous ne jouons pas sur un PC de première jeunesse, équipé d’un processeur Intel Core i7-12700, d’une carte graphique RTX 3060 avec 12 Go de mémoire vidéo, de 32 Go de RAM et d’un SSD. Le soundesign est quant à lui varié et très travaillé, bien qu’il manque un peu de naturel et de richesse.

Verdict
WARDOGS propose une approche rafraîchissante du FPS compétitif en valorisant autant la logistique, les soins et la construction que les affrontements armés. Ses batailles à trois équipes et son système de contribution offrent une alternative intéressante aux recettes habituelles, tandis que la possibilité de participer à la victoire sans être un as de la gâchette constitue l’une de ses plus grandes réussites. Le jeu demande toutefois un temps d’adaptation conséquent, notamment en raison de ses mécaniques particulières, et à cela s’ajoutent des défauts techniques et ergonomiques qui rappellent que le projet est encore en accès anticipé : interface archaïque, commandes des véhicules peu convaincantes, etc. Malgré ces lacunes, WARDOGS possède un fort potentiel et reste à Bulkhead de consolider ses fondations sur le long terme.