On a testé Call of Duty: Modern Warfare 4 sur Switch 2, une version surprenante

Alors que notre test des versions PS5, Xbox Series et PC est disponible à cette adresse, nous avons également pu prendre en main la version Nintendo Switch 2 de Call of Duty: Modern Warfare 4. Très attendue depuis son annonce il y a plusieurs mois, cette adaptation marque le grand retour de la franchise sur une console Nintendo, une première depuis Call of Duty: Ghosts sorti le 5 novembre 2013, soit près de treize ans d’absence. Bonne nouvelle : ce portage embarque l’intégralité du contenu présent sur les autres plateformes, qu’il s’agisse de la campagne, du multijoueur ou encore du mode DMZ. Bien entendu, quelques concessions techniques étaient inévitables pour permettre au titre de tourner sur une machine portable, mais l’essentiel est là et cette version Switch 2 s’avère globalement convaincante malgré plusieurs sacrifices visuels et techniques.

Testé sur Nintendo Switch 2 grâce à une version numérique Vault Edition fournie par l’éditeur

Une distribution qui diffère des autres supports

Oui, vous avez bien lu : Call of Duty: Modern Warfare 4 est bien disponible cette année sur Nintendo Switch 2. Après une phase bêta qui avait laissé de nombreux joueurs sur leur faim techniquement parlant, nous étions particulièrement curieux de découvrir cette version, qui doit relever un défi de taille : offrir une expérience satisfaisante aussi bien en mode portable qu’en mode docké.

Avant d’aborder l’aspect technique, il est important de faire un point sur l’installation et la distribution du jeu. Proposé au même tarif que les versions concurrentes, soit 79,99 €, le titre inclut logiquement l’ensemble des contenus disponibles sur les autres plateformes. En revanche, il n’est commercialisé ni sur cartouche classique ni sous la forme d’une game-key card, mais dans une boîte contenant un code de téléchargement à usage unique. Après Diablo IV: Age of Hatred Collection, Activision Blizzard récidive donc avec ce Call of Duty, au grand dam des amateurs de jeux physiques.

Autre élément important : le jeu occupe pas moins de 88 Go sur Nintendo Switch 2. C’est légèrement moins que sur les autres supports, mais cela reste un téléchargement particulièrement conséquent. On note également une différence avec les versions PlayStation, Xbox et PC. Alors que ces dernières passent par l’application Call of Duty, qui centralise l’opus actuel, son prédécesseur ainsi que Warzone, la version Nintendo Switch 2 dispose de sa propre application dédiée. En revanche, il est impossible de télécharger séparément la campagne, le multijoueur ou le mode DMZ : l’intégralité des données doit être installée. Un choix regrettable pour les joueurs souhaitant économiser de l’espace de stockage. Enfin, le pack de langue française n’est pas inclus par défaut et devra être téléchargé lors du premier lancement.

Pour ce test, nous avons alterné entre plusieurs façons de jouer : en portable ou en docké, avec les Joy-Con 2 attachés à la console ou encore grâce à une manette 8BitDo Ultimate 2. Ainsi, nous vous recommandons chaudement de jouer avec une manette pour avoir une expérience de jeu nettement plus agréable, les joysticks des manettes fournies avec la console étant trop petits. Enfin, il est important de noter que contrairement aux autres supports, il n’est pas possible de connecter en USB un clavier/souris : dommage. En revanche, les Joy-Con 2 peuvent être utilisés en version souris, comme pour Metroid Prime 4: Beyond par exemple.

Un portage avec des compromis, mais qui reste pleinement jouable

Abordons désormais la question qui vous intéresse probablement le plus : cette version Switch 2 est-elle réellement jouable ? La réponse est oui, quel que soit le mode choisi, mais il faut garder à l’esprit qu’il s’agit clairement de la version la moins performante du jeu. Comparée à la mouture PS5 que nous avons également testée, cette adaptation accuse un retard technique évident. Pour autant, elle s’en sort avec les honneurs grâce à plusieurs compromis intelligents. Avant d’entrer dans les détails, précisons que l’utilisation d’un casque est fortement recommandée et que la campagne peut être jouée hors ligne, sans besoin d’une connexion internet permanente.

Premier point intéressant : le jeu permet d’activer ou non le NVIDIA DLSS directement dans les options. Curieusement, cette technologie n’est pas activée par défaut alors qu’elle offre, selon nous, le meilleur compromis visuel. La résolution baisse légèrement mais le gain en détails compense largement cette concession. En mode docké, le titre vise une résolution de 1080p tandis que l’utilisation du DLSS entraîne un rendu dynamique avoisinant les 900p. En mode portable, la résolution tourne autour de 720p dynamique avec des chutes pouvant descendre jusqu’à 360p dans les situations les plus exigeantes. Sans surprise, nous avons nettement préféré jouer en mode docké, même si l’expérience portable reste tout à fait correcte à condition d’accepter quelques sacrifices visuels.

Concernant les performances, le framerate varie selon les modes de jeu. La campagne solo est limitée à 30 images par seconde, quels que soient les réglages sélectionnés. La différence avec les versions PS5 et Xbox Series se ressent immédiatement, mais le résultat reste stable du début à la fin de l’aventure. Les effets de fumée sont simplifiés, certaines textures perdent en qualité, mais les cinématiques conservent une présentation très convaincante. Sur Nintendo Switch 2, un menu Succès a également été ajouté afin d’offrir un défi supplémentaire aux joueurs. Une bonne idée qui apporte un peu plus de rejouabilité au support à une campagne déjà très solide.

Les autres modes profitent en revanche d’un traitement plus favorable. Le mode DMZ fonctionne à 40 images par seconde sur les écrans compatibles 120 Hz. Dans le cas contraire, il reste bloqué à 30 fps. Lors de nos essais, les performances se sont montrées suffisamment stables pour garantir une expérience agréable. Le multijoueur compétitif, quant à lui, atteint les 60 images par seconde avec quelques baisses occasionnelles. Activision a fait le nécessaire pour assurer la compatibilité avec le cross-save et la cross-progression. Vous pouvez ainsi récupérer votre progression depuis un compte PlayStation, Xbox ou PC en utilisant le même compte Activision. Le cross-play est également disponible, même si nous vous recommandons de le désactiver afin d’affronter des joueurs évoluant dans des conditions techniques similaires. Si vous rencontrez des difficultés à trouver des parties, il suffira alors de le réactiver.

Il subsiste néanmoins un point noir : l’input lag. Même en mode docké avec une connexion Ethernet, le retard à l’affichage reste sensiblement plus élevé que sur PS5. Cette version n’est donc pas idéale pour les joueurs cherchant à performer en multijoueur compétitif. En revanche, pour ceux qui souhaitent profiter de la campagne en déplacement, dans le train ou chez des amis, elle remplit parfaitement son rôle.

Finalement, Call of Duty: Modern Warfare 4 sur Nintendo Switch 2 n’est certainement pas la meilleure façon de découvrir le jeu, mais il s’agit d’un premier portage sérieux. Malgré plusieurs compromis techniques, le studio Digital Legends livre une adaptation solide qui démontre le potentiel de la machine. Avec quelques mises à jour supplémentaires, cette version pourrait même devenir une excellente alternative pour les joueurs attachés à la portabilité.

Verdict

Pour sa première apparition sur Nintendo Switch 2, Call of Duty: Modern Warfare 4 est un portage sérieux qui mérite toutefois encore du peaufinage. Toutefois, il remplit l’ensemble de son cahier des charges avec une expérience complète et un gameplay toujours aussi nerveux que sur les autres consoles. Alors oui, cette version Nintendo Switch 2 reste encore la mouture à acheter si vous ne disposez pas d’un PC ou d’une PS5/Xbox Series X|S, mais elle peut également servir de complément lors de vos déplacements avec une prise en charge du cross-play et du cross-progression. Pour un premier jet, Activision peut être satisfait de ce portage, il n’y a aucun doute là-dessus.

70/100
Score total iIl s'agit d'une appréciation générale du jeu de la part du testeur et non d'une note à proprement parler

Points forts

  • L'expérience complète sur Nintendo Switch 2
  • Des options graphiques à disposition dans les paramètres
  • Le 60 fps qui tient globalement la route en multijoueur
  • Le cross-play et le cross-progression qui en fait une version de poche intéressante
  • La possibilité de jouer avec les Joy-Con 2 en version souris sur Switch 2
  • Les points forts énoncés dans le test de la version PS5

Points faibles

  • Des chutes de framerate en multijoueur à certains moments
  • La campagne limitée à 30 images par seconde, peu importe les paramètres
  • L'impossibilité d'installer les modules que l'on souhaite
  • L'impossibilité de connecter un clavier/souris en filaire
  • Techniquement, on est tout de même loin de la netteté des autres versions
  • Les points faibles énoncés dans le test de la version PS5
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