En l’espace d’une année, les possesseurs de Nintendo Switch 2 ont pu découvrir l’intégralité de la trilogie Tomb Raider de l’ère reboot, initialement sortie sur PS4 et Xbox One. Pour conclure cette aventure, nous nous sommes penchés sur Shadow of the Tomb Raider: Definitive Edition. Toujours porté par Aspyr, ce dernier opus, souvent considéré comme le moins marquant de la trilogie, bénéficie néanmoins d’une adaptation sérieuse sur la dernière console de Nintendo. Après plusieurs heures passées aux côtés de Lara Croft, voici notre verdict complet sur ce portage.
Testé sur Nintendo Switch 2 grâce à une version numérique fournie par l’éditeur
Une conclusion qui manque toujours de subtilité
Dernier épisode majeur paru avant le très attendu Tomb Raider: Legacy of Atlantis, prévu pour le 12 février 2027, Shadow of the Tomb Raider venait conclure une trilogie à laquelle Lara Croft gagnait en maturité… et en ennuis. Sans refaire tout le tour du propriétaire, cet opus nous plonge dans une quête autour d’un trésor caché, opposant Lara et son équipe aux Trinitaires, une secte aux intentions plus que douteuses. Après une introduction marquante au Mexique durant la fête des morts, l’aventure se déroule ensuite très largement au Pérou, dans des environnements plus couloirs que monde ouvert.
Dans le souvenir des fans, Shadow of the Tomb Raider est souvent considéré comme l’épisode le moins abouti de la trilogie. Techniquement, le titre progresse encore par rapport aux deux précédents opus, mais la narration manque de souffle : antagoniste peu charismatique, dialogues creux, doublage français inégal… Malgré un gameplay toujours solide et une exploration plaisante, on reste loin de la masterclass qu’était Rise of the Tomb Raider.

On retrouve néanmoins une ligne directrice claire : des environnements explorables (moins poussés ici), des secrets disséminés partout, un TPS accessible, un vrai jeu “pop‑corn” alternant exploration, énigmes et combats. Lara est désormais une aventurière accomplie, aussi à l’aise avec son arc qu’avec des armes à feu, et son arsenal évolue au fil de l’aventure grâce aux ressources récoltées.
C’est d’ailleurs l’un des points forts du jeu : la progression constante des compétences et de l’équipement. Fouiller chaque recoin devient instinctif, tant la boucle de gameplay récompense l’exploration. Comptez environ une quinzaine d’heures pour terminer l’histoire une première fois, et plutôt une quarantaine pour viser le 100 %. Et encore, ces chiffres ne concernent que le jeu de base.

Comme souvent avec Aspyr, cette version Switch 2 sort en Definitive Edition, incluant tous les DLC. Costumes, armes supplémentaires, mais surtout sept tombeaux de défi inédits, qui prolongent encore une durée de vie déjà généreuse. Pour davantage d’informations sur le jeu original, son scénario ou son gameplay, nous vous invitons à consulter notre test dédié.
Reste un point qui fâche : le prix. Aspyr semble avoir pris confiance, avec un tarif de 39,99 € pour Shadow of the Tomb Raider: Definitive Edition sur Nintendo Switch 2. Une hausse qui passe mal, surtout quand le même jeu est régulièrement proposé à 3,99 € sur les autres plateformes, dans la même édition. Pour acquérir la trilogie complète, Tomb Raider: Definitive Survivor Trilogy est affichée à 69,99 €. Si vous n’êtes pas pressés, attendre une promotion paraît être une sage décision, même si une remise de 10 % est proposée au lancement.
Un portage sur Nintendo Switch 2 dans la lignée des autres épisodes
Contrairement aux deux autres épisodes de la trilogie, Shadow of the Tomb Raider est sorti uniquement sur PS4 et Xbox One, avec un moteur graphique amélioré à l’époque. Tournant sous Foundation Engine – une version modifiée du Crystal Engine – le jeu affichait 30 fps sur consoles lors de sa sortie (sauf sur PS4 Pro via un mode Performance), avant de passer à 60 fps grâce à un patch dédié sur PS5 et Xbox Series X|S. Sur Nintendo Switch 2, on retrouve un seul mode graphique, en docké comme en portable, avec un 30 fps globalement tenu mais pas totalement stable, qui devrait s’améliorer au fil des mises à jour.
Dans l’ensemble, le cap des 30 fps est respecté, mais deux situations posent problème : les zones sous l’eau, où les chutes de framerate deviennent très violentes, descendant parfois autour de 15–20 fps et certaines cinématiques dont les effets spéciaux mettent la console quelque peu supplice avec des chutes de framerate assez étonnantes. Dans les faits, rien de bien grave mais pour l’immersion, on prend un petit coup, d’autant plus que nous sommes en droit d’en attendre plus de la console. Sans compter lors de notre dizaine d’heures de jeu deux plantages assez inexplicables en pleine exploration qui nous ont obligé à relancer le titre. Rien d’insurmontable puisque les sauvegardes automatiques sont assez récurrentes, mais cela démontre un petit manque de peaufinage du projet.

Visuellement, on reste loin des versions PC ou PS5/Series X|S : le rendu oscille entre low et medium, malgré quelques efforts sur les panoramas et certaines textures. On note de l’aliasing, du popping, mais l’ensemble reste jouable, même si l’on peut légitimement penser que la Switch 2 aurait pu offrir mieux. Le portage pèse 21,6 Go, langue française incluse – une bonne nouvelle après un premier épisode nettement plus volumineux (près de 40 Go).
En toute honnêteté, ce portage semble avoir été réalisé un peu rapidement et manque de finition sur le plan technique. Toutefois, Aspyr a une nouvelle fois intégré les fonctionnalités propres à la Switch 2. L’aventure reste pleinement jouable, même si les Joy‑Con 2 montrent leurs limites, notamment pour la visée : les sticks sont trop petits, manquent de précision, et les grandes mains auront du mal à trouver un confort optimal. En pratique, Shadow of the Tomb Raider est nettement plus agréable en version dockée, avec une manette Pro ou un pad tiers comme l’excellente 8BitDo Ultimate 2, utilisée pour notre test.
Étrangement, les vibrations HD ne sont pas activées par défaut : il faut passer par les paramètres du portage pour les activer. Une fois configurées, elles sont plutôt bien gérées, il serait dommage de s’en priver. Toujours dans les options, il est possible d’activer le mode souris via les Joy‑Con 2, aussi bien en docké qu’en mode table, comme sur les deux précédents portages (Tomb Raider: Definitive Edition et Rise of the Tomb Raider: 20 Year Celebration). Le tout fonctionne, mais la manette reste clairement la meilleure option.
On regrettera en revanche l’absence de gyroscopie pour la visée, qui aurait été particulièrement utile dans les phases de combat. Enfin, l’écran tactile est une nouvelle fois mis à contribution pour naviguer sur la carte, même si le paramétrage surprend : il faut glisser son doigt dans la direction opposée à celle où l’on souhaite aller, sans possibilité de modifier ce comportement. Cela reste jouable, mais perfectible. Dans l’immédiat, les joueurs trouveront leur bonheur parmi les différentes options proposées, même si certaines nécessitent un ajustement. Espérons que les retours permettront d’obtenir rapidement des patchs correctifs pour peaufiner ce portage.
Verdict
Après deux épisodes de grande qualité, Shadow of the Tomb Raider: Definitive Edition reste toujours un cran en-dessous de ces prédecesseurs. Avec un scénario moins intéressant, une mise en scène plus maladroite et une dimension exploration moins présente, le portage Nintendo Switch 2 reste toutefois de qualité avec une prise en charge des vibrations HD, du mode souris des Joy-Con 2 mais également un framerate à 30 images/seconde relativement stable. Avec l’ensemble des contenus additionnels sortis à ce jour, ce troisième épisode arrive en version complète et reste idéal à jouer aussi bien en version salon qu’en portable, malgré encore la présence de quelques bugs ou d’artefacts graphiques qui devraient être résolus via de futures mises à jour.
Points forts
- La fin de la trilogie sur Nintendo Switch 2
- Une prise en charge des fonctionnalités de la console
- Tous les DLC inclus dans cette Definitive Edition
- Un jeu d'action efficace pour mettre le cerveau de côté
- L'exploration et les énigmes pour un mix réussi
- Une belle optimisation en termes d'espace de stockage (seulement 21 Go environ)
Points faibles
- Un manque de stabilité sur Switch 2 (baisse de framerate, plantages...)
- Des fonctionnalités dédiées à la console pas toujours bien exploitées
- Une narration à la peine et un monde ouvert mis de côté
- Un prix de lancement qui interroge par rapport aux autres supports