Développé par le studio français Double Jack, Maestro est d’abord paru en réalité virtuelle sur PC et PS5 en 2024 avant de sortir sur les consoles de Nintendo en 2026. Considéré comme un jeu de simulation, vous y incarnez un chef d’orchestre explorant divers genres musicaux. Facile à prendre en main mais difficile à maîtriser, les développeurs de Double Jack ont-ils réussi un coup de maître en portant Maestro sur Nintendo Switch ?
Test réalisé sur Nintendo Switch à l’aide d’une version fournie par l’éditeur
Quand l’expression « se faire mener à la baguette » prend tout son sens
Maestro, vous l’aurez compris, c’est un jeu dans lequel vous incarnez un chef d’orchestre, d’où son petit nom, originaire de sa traduction italienne. Dans ce jeu de simulation, pas de chichis. Malgré ses grands airs et le prestige de la fonction, Maestro vous force à aller à l’essentiel et ce n’est pas plus mal. Après tout, ce n’est sans doute pas pour se farcir une aventure narrative que l’on achète Maestro (ni pour ses graphismes, soit dit en passant). Dès les premières secondes de jeu, vous faites face à un petit orchestre et vous comprenez que vous venez d’être embauché comme chef de ce dernier pour remplacer un poste vacant. L’iconique et haut en couleurs Eric de Roch vous accueille alors et vous aide à faire vos premiers pas dans un tutoriel très sommaire, mais ô combien nécessaire et, de surcroît, assez drôle.

Loin d’être optionnel, le didacticiel vous permet de comprendre, en quelques étapes clés, toutes les consignes qui apparaissent à l’écran lors d’une représentation. Le rythme, les hauteurs des voix, les cors, bref, tout y passe. Vos deux mains sont obligatoires et chacune sert à des actions différentes. Vous l’aurez donc compris, Maestro se joue avec des Joy-Con détachés puisqu’il faut bouger les bras pour mener sa joyeuse troupe. Difficile d’y jouer en mode portatif et non jouable en natif sur la Nintendo Switch Lite sans une autre paire de Joy-Con. Oubliez ainsi les sessions dans le train ou en déplacement, Maestro est un jeu qui se joue dans un salon, dans un bureau ou dans une pièce dans laquelle on peut exprimer sa créativité sans risquer de casser un vase, une lampe ou tout autre objet qui aurait le culot de réfréner notre ostentatoire représentation.
Le déroulement du jeu est on ne peut plus simple : nous choisissons une piste, sa difficulté et hop, nous nous lançons. Simple et efficace. Maestro propose une trentaine de titres sans compter les DLC et de tous les registres : classique, jazz, swing, musiques de films, d’anime japonais et de jeux vidéo, il y en a pour tous les goûts. Rassurez-vous, il n’est pas nécessaire d’être un virtuose et encore moins d’être doué pour apprécier les titres représentés. En effet, plutôt que de conditionner les partitions à votre succès, l’orchestre sait ce qu’il doit jouer et y arrivera globalement avec ou sans vous. Vos erreurs et vos fautes donnent ainsi naissance à des fausses notes audibles lors de la représentation, mais qui ne dénaturent pas entièrement la représentation, ce qui permet d’apprécier la musique, peu importe son niveau.
Bien évidemment, si vous commettez trop de fautes, cela engendrera un échec critique et vous aurez alors le droit de manger une salade de tomates. En effet, sur le pupitre se trouve un petit compteur de score qui évolue en fonction de vos réussites. Plus vous réussirez votre représentation, plus le score sera logiquement haut. Plus celle-ci sera médiocre, plus celui-ci sera bas. Basique. Cette notation vous permettra alors, en toute fin de représentation, d’avoir le droit aux ovations du public ou bien aux huées de ce dernier.


La difficulté choisie change le rythme des notes, leur fréquence et les actions à effectuer. Un niveau normal est déjà très exigeant. Maestro fait partie de ces jeux très faciles à prendre en main, mais très difficiles à maîtriser parfaitement. À la fin d’un concert, notre second Eric de Roche apporte des récompenses qui varient selon la réussite globale de la prestation, allant de petits mots doux sur un papier soigné aux commentaires très acerbes sur des papiers chiffonnés. Votre compteur de score permet aussi de débloquer de nouvelles chansons et de nouveaux accessoires. Car oui, bien que ce soit tout à fait facultatif, il est tout à fait possible de modifier l’apparence de la scène, de déguiser l’orchestre et même sa baguette. Mention spéciale à la baguette sabre laser obtenue après la représentation de Duel of the Fates, alias, l’une des plus célèbres musiques de Star Wars III composée par John Williams. Par ailleurs, pour chaque titre proposé, il est possible d’en apprendre davantage sur le compositeur. Le jeu regorge de détails sympathiques : on commence le concert en tapotant sa baguette sur le pupitre comme lors d’une vraie représentation et il est possible de saluer la foule à la fin de celle-ci, en abaissant simplement la caméra vers le bas pour s’incliner. Comme le dit l’adage, ce sont les détails qui permettent d’atteindre la perfection.


Bien qu’il ne soit pas possible de jouer à Maestro en coopération ou en écran scindé, vos meilleures performances sont affichées avec un classement régional / mondial depuis le menu principal, de quoi se donner envie de se dépasser toujours un peu plus. Bien que le studio à l’origine de Maestro soit français, il est à noter que le jeu est doublé intégralement en anglais, mais dispose fort heureusement d’une traduction française.
Abandon du Hand Tracking pour les Joy-Con
Paru initialement en 2024 sur PC et Meta Quest, Maestro est à l’origine un jeu de réalité virtuelle. Vous l’aurez compris, le studio a transposé ses mécaniques à succès sur Nintendo Switch, où le gyroscope des Joy-Con permet avec brio d’imiter les mécaniques d’un jeu de réalité virtuelle. Toutefois, la précision n’est pas la même et, sur Nintendo Switch, la précision n’est pas des plus fines. Bien que des réglages permettent d’adapter la sensibilité à ses besoins ou qu’il soit nécessaire de calibrer sa manette à chaque concert, cela n’est pas infaillible. Il arrivera parfois qu’une note soit injustement refusée malgré un mouvement réussi. Pire encore, la précision devient obligatoire lors des plus hautes difficultés et il est presque impossible de réussir un niveau Expert compte tenu des lacunes techniques des Joy-Con. Il faut dire aussi que la difficulté maximale est quasiment impossible à réussir, à moins d’être soi-même un androïde. Sans compter que le jeu n’est lui aussi pas exempt de quelques bugs, comme des notes qui surviennent en dehors de l’écran puisque notre personnage n’est pas encore tourné face au bon côté de l’orchestre.
Verdict
Maestro réussit à transposer sur Nintendo Switch le concept original de sa version en réalité virtuelle avec une formule simple, accessible mais malgré tout exigeante. La variété des morceaux, les nombreux petits détails et la progression donnent envie d’enchaîner les représentations, tandis que l’utilisation des Joy-Con permet de retrouver une partie des sensations de la VR bien que cette adaptation montre rapidement ses limites : la précision parfois aléatoire des contrôleurs et quelques bugs peuvent entacher l’expérience, particulièrement dans les difficultés les plus élevées. Malgré ces défauts, Maestro reste une expérience originale et amusante, à condition d’accepter ses imprécisions et de disposer d’un espace suffisamment grand pour laisser libre cours à ses talents de chef d’orchestre.
Points forts
- Prise en main rapide et efficace
- Large choix musical
- Nombreux éléments de personnalisation
- Nombreux petits détails qui renforcent l’immersion
- Gameplay original et immersif
Points faibles
- Précision des Joy-Con perfectible
- Difficulté Expert quasiment impossible à cause des limitations techniques
- Quelques bugs gênants
- Qualité graphique peu convaincante