TEST Dragon’s Dogma 2: Dark Arisen – L’appel du Grand Nord

Paru en 2024, Dragon’s Dogma 2 est le digne héritier d’un monument injustement passé sous les radars en France lors de sa sortie en 2012, puis paru dans son édition complète avec son seul et unique DLC, Dragon’s Dogma: Dark Arisen, en 2013. Chose surprenante, pour cette première extension de Dragon’s Dogma 2, Capcom a choisi de reconduire le nom de son DLC et nous voilà en train d’écrire ces quelques lignes sur une nouvelle extension Dark Arisen, 13 années après notre première expérience. Choix judicieux, clin d’œil ou hérésie, le Dogme du Dragon a ses raisons que la raison ignore.

Testé sur Xbox Series X grâce à une version numérique fournie par l’éditeur

Cape au nord

Cette fois, l’intrigue ne nous emmène pas sur une île mystérieuse, mais à Norgan. Un territoire abandonné et reculé jouxtant Vermund, le continent de base de Dragon’s Dogma 2. Celui-ci faisait autrefois partie intégrante dudit royaume, mais il a jadis été abandonné à son sort. Quel sort, nous direz-vous ? Bonne question, puisqu’il s’y passerait des choses étranges. Un nouvel insurgé y aurait été aperçu et de nombreux témoignages corroborent ces informations. Par ailleurs, vous ressentez vous aussi que des choses anormales se trament. Une fois sur place, les soupçons se confirment dans les ruines d’un château. Des créatures infâmes rôdent aux alentours et des évènements anormaux s’y déroulent : une enquête tortueuse nous pousse alors à nous plonger dans les récits perdus du royaume pour comprendre l’origine de son mal et sauver le monde. Car oui, ce n’est pas seulement Norgan qui est menacé.


Il est à noter que le DLC n’est pas accessible au tout début de Dragon’s Dogma 2, ni à la toute fin, lors des événements du Monde laissé pour compte. Nous avons donc débuté l’extension lors de notre New Game+ au niveau 73 et nous sommes actuellement au niveau 114. Ce leveling très rapide s’explique en partie par la difficulté de Dark Arisen. La difficulté du DLC est telle que, malgré notre meilleur équipement, qui, soit dit en passant, s’avérait être le meilleur équipement du jeu de base, nous avions l’impression de ne faire aucun dégât. Il est donc primordial de changer d’équipement pour s’adapter à celui des contrées sauvages. On gagne ainsi très rapidement de très nombreux niveaux, voire trop rapidement, puisque nous n’avons pas le temps de nous habituer à tous nos pions, qui n’étaient souvent que de passage. Et si cela ne suffisait pas, Capcom vient également d’ajouter une difficulté Difficile au jeu pour les vétérans qui redouteraient une expérience trop aisée.

Nous avons passé une trentaine d’heures sur cette nouvelle extension, sans en parcourir tous les recoins, mais en nous autorisant tout de même de nombreux égarements. L’extension Dark Arisen n’est franchement pas avare en contenu et il nous en reste facilement une bonne dizaine pour espérer tout explorer. À l’instar du Dark Arisen premier du nom en 2013, nous retrouvons ici un système de reliques à expertiser. Puisque nous errons dans les ruines d’un vieux royaume, il n’est pas illogique d’y découvrir des vestiges. Ces dernières doivent cependant être expertisées. De plusieurs niveaux et de plusieurs raretés, allant de banal à antique, l’expertise permet, à la manière d’une loterie, de découvrir des récompenses.

On peut y trouver des potions, des grimoires, de même que des armes et des armures. Bien entendu, elles diffèrent en tous points de celles du jeu originel, dans l’apparence, dans les caractéristiques, mais aussi et surtout dans leurs compétences, puisqu’elles permettent d’obtenir des bonus actifs ou passifs. Ainsi, les reliques d’armure ou d’arme sont toujours différentes les unes des autres malgré une apparence identique. On prend donc plaisir à chasser les butins ici et là et à dépouiller tous les ennemis qui croiseront notre route, en espérant tomber sur des reliques rares, parfois dans le plus banal des endroits.

Dark Arisen n’est d’ailleurs et là encore pas avare en nouveaux ennemis, que ce soient les Beorcans, alias des sortes de Vikings peu accueillants qui peuplent les terres désolées de Norgan et qui font office d’ennemis communs, ou tous les nouveaux monstres spéciaux aux capacités variées qui croiseront notre route. Dark Arisen n’est pas qu’une pâle extension du jeu de base agrémentée de quelques nouveautés, mais bel et bien une toute nouvelle aventure dotée de ses découvertes, d’une nouvelle difficulté et de ses nombreuses intrigues. Parmi les ennemis qu’il est possible de rencontrer, certains sont des cousins éloignés de ceux déjà connus, tels que le troll des neiges, le griffon de Norgan ou encore le drake des glaces. D’autres sont cependant uniques et propres à l’extension, tels que les goules, le gagana et bien d’autres dont nous tairons les noms pour garder la surprise. Là encore, le cycle jour-nuit a une incidence sur les rencontres possibles et certains monstres ne sont présents que de nuit.

Une exploration récompensée

Le propre des jeux Dragon’s Dogma, ce sont des jeux qui appellent à l’aventure, à explorer et à découvrir. Norgan est une terre emplie de mystères et de vestiges égarés. Il n’est pas rare, au détour d’une chute malencontreuse ou d’un coup donné ayant manqué sa cible et terminant dans un mur, de découvrir des passages secrets ou encore des butins cachés. L’immensité des paysages de Norgan appelle à la découverte, et le blizzard semi-permanent rend toute exploration encore plus difficile et mystérieuse : où sommes-nous ? Qu’y a-t-il à côté ? Un géant ?!

Le système de combat n’a pas été entièrement repensé, mais agrémenté de quelques nouveautés. Nous aurions apprécié pouvoir apprendre de nombreuses nouvelles compétences, mais malheureusement, le jeu ne propose réellement qu’une seule par classe et cela ne se fait que grâce à des obélisques disséminés ici et là. Toutefois, les armes et armures issues de reliques peuvent permettre d’obtenir de nouvelles versions des compétences de base. Après le niveau S vient désormais le niveau EX, disponible uniquement via les équipements. Plus dévastatrices ou plus rapides, ces compétences sont un must-have et, lorsque les planètes sont bien alignées et qu’on s’équipe d’armes et d’armures aux compétences complémentaires, l’on devient alors une vraie machine de guerre.

Contrairement aux étendues verdoyantes de Vermund ou aux contrées désertiques de Battahl, Norgan est une terre hostile en proie à des monstres redoutables et à un froid semi-permanent. Il est nécessaire de s’équiper contre le blizzard : armures adaptées ou consommables permettant de se réchauffer, au risque, sinon, de perdre toute endurance et de s’évanouir. Les paysages sont particulièrement beaux, mais vite redondants, la faute à une tempête persistante et à des conditions climatiques rudes. Quelques autres nouveautés viennent elles aussi agrémenter l’exploration, comme les crochets d’escalade qui permettront de débloquer de nouveaux raccourcis ou encore des amas de neige qui permettent d’amortir des chutes mortelles, des lacs qui menacent de s’effondrer sous notre poids ou encore sous le fracas des armes.

Toutefois, Norgan n’est pas la seule contrée ayant reçu des nouveautés puisque Dragon’s Dogma 2: Dark Arisen ajoute également 12 nouveaux donjons. Ces derniers s’appellent les Épreuves oubliées et peuvent s’explorer depuis Vermund ou Battahl et offrent des récompenses uniques. Si certains sont d’une simplicité sans nom, d’autres sont de véritables challenges. Certains requièrent même des conditions spéciales pour y accéder, telles qu’avoir une charge d’équipement très légère ou encore de n’avoir qu’un seul pion. Une fois conquis, ils sont rejouables à l’infini et offrent sans arrêt de nouvelles récompenses et parfois de nouveaux ennemis. Certains dissimulent aussi des secrets bien à eux, à l’image de l’un d’entre eux qui dissimule trois fins de donjon différentes, laissant à chaque fois présager qu’il a été conquis alors qu’il est encore à explorer. Les développeurs sont roublards et c’est tout ce qui fait le charme du jeu.

Verdict

Dragon’s Dogma 2: Dark Arisen réussit à proposer bien plus qu’une simple extension venant prolonger le jeu de base. Avec son nouveau territoire, ses nouvelles créatures, ses reliques, ses donjons et sa nouvelle intrigue, l’aventure offre de nombreuses heures de jeu pour un prix public totalement justifié. Portée par une région mystérieuse et hostile, l’exploration conserve toute sa saveur et récompense les détours. On regrettera cependant une trop grande redondance dans les environnements ainsi que les trop rares nouvelles compétences disponibles pour les classes. Malgré ces quelques limites, Dark Arisen s’impose comme une extension généreuse, exigeante qui parvient à renouveler efficacement l’expérience de Dragon’s Dogma 2.

85/100
Score total iIl s'agit d'une appréciation générale du jeu de la part du testeur et non d'une note à proprement parler

Points forts

  • Nouvelle région hostile et mystérieuse
  • Système de reliques addictif
  • Nouveaux ennemis variés
  • Difficulté nettement plus exigeante
  • Intrigue captivante

Points faibles

  • Une seule nouvelle compétence par classe
  • Leveling beaucoup trop rapide
  • Paysages de Norgan vite redondants
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