Après deux épisodes marquants de la saga A Plague Tale, Asobo Studio revient en force avec une toute nouvelle aventure captivante. Intitulé Resonance: A Plague Tale Legacy, ce nouveau chapitre se déroule bien avant les événements des deux précédents opus. Les joueurs y découvrent le passé sombre et mystérieux de Sophia, une jeune femme au destin hors du commun, qui devra affronter de nombreuses épreuves au fil de cette aventure. Malgré une durée de vie relativement courte, le titre parvient à captiver grâce à son univers riche et son récit intrigant. Un voyage intense que nous vous proposons de découvrir plus en détail dans ce test.
Test réalisé sur PS5 Pro grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur
Un changement de cap comme porte d’entrée
Après A Plague Tale: Innocence en 2019 puis A Plague Tale: Requiem trois ans plus tard, Asobo Studio et Focus Entertainment remettent le couvert en 2026, avec cette fois Resonance: A Plague Tale Legacy. Il n’est pas question de proposer une suite aux deux premiers épisodes, mais plutôt de revenir sur l’histoire de l’un des personnages marquants du second opus. Les joueurs incarnent ainsi Sophia, une jeune aventurière partie à la recherche d’un trésor légendaire sur l’île du Minotaure.
Avant d’aborder plus en détail cette trame scénaristique, il nous paraît essentiel de préciser qu’il n’est absolument pas nécessaire d’avoir joué aux deux précédents volets pour profiter pleinement de Resonance: A Plague Tale Legacy. À titre d’exemple, notre testeur avait abandonné A Plague Tale: Requiem en cours de route sans que cela ne l’empêche de comprendre ni d’apprécier cette nouvelle aventure.

Certes, les fans de la première heure repéreront sans doute les nombreux clins d’œil disséminés dans les dialogues ou à travers les collectables à récupérer tout au long du jeu. Toutefois, ces références n’ont rien d’indispensable et ne constituent en aucun cas un prérequis pour se lancer dans l’aventure. Avant d’évoquer le gameplay, il nous semble important de revenir sur le scénario, tant celui-ci occupe une place centrale dans l’expérience. Ici, pas de vaste monde ouvert ni d’exploration libre : Resonance: A Plague Tale Legacy assume pleinement sa structure linéaire et mise avant tout sur sa narration ainsi que sur la richesse de ses environnements, qui en mettent constamment plein la vue.
Tout au long de l’aventure, on incarne donc Sophia, une pillarde qui a perdu son père alors qu’elle n’était encore qu’une enfant. Parti à la recherche d’un mystérieux trésor, ce dernier n’est jamais revenu, laissant sa fille sans réponses. Des années plus tard, Sophia décide de reprendre cette quête afin de découvrir ce qui lui est réellement arrivé. Victime de visions liées à des événements survenus dans sa jeunesse, l’héroïne navigue constamment entre passé et présent, au fil d’un récit qui dévoile progressivement les secrets de cette île aussi fascinante que dangereuse. Bien entendu, de nombreux ennemis, qu’ils soient bien réels ou issus des mythes qui entourent les lieux, viendront se dresser sur votre route.

Bien écrit dans l’ensemble et porté par des personnages convaincants, le scénario de Resonance: A Plague Tale Legacy souffre néanmoins d’un certain manque de surprises. Les joueurs habitués aux récits d’aventure narratifs risquent en effet de deviner assez rapidement certains retournements de situation ainsi que l’issue de l’histoire.
Si le récit enchaîne les rebondissements et rappelle parfois l’approche de Hellblade, avec son habile mélange de réalité, de visions et de paranoïa, la maniabilité et le gameplay de Resonance: A Plague Tale Legacy prennent quant à eux une direction radicalement différente de celle des précédents épisodes. Exit les longues séquences d’infiltration : ce nouvel opus mise davantage sur l’action et met en avant des mécaniques plus dynamiques. Certes classiques dans leur conception, elles se montrent néanmoins efficaces et contribuent à rendre l’aventure particulièrement agréable à parcourir.
Un gameplay qui va à l’essentiel
A Plague Tale était connu pour proposer une aventure linéaire de grande qualité, mais aussi pour une maniabilité parfois jugée pesante, notamment en raison de la présence constante du jeune Hugo, qu’il fallait escorter tout au long du périple. Dans Resonance: A Plague Tale Legacy, la formule évolue sensiblement. Cette fois, il n’est plus question d’accompagner qui que ce soit puisque l’on incarne Sophia, une héroïne athlétique et particulièrement agile. Une qualité loin d’être superflue au regard des nombreuses épreuves qui l’attendent au cours de son aventure. Entre les dangers qui peuplent l’île et les mystères qui l’entourent, mieux vaut avoir les nerfs solides et un mental à toute épreuve.
Manette DualSense en main, les déplacements s’effectuent toujours à la troisième personne et le moins que l’on puisse dire, c’est que Sophia se révèle particulièrement agréable à contrôler. Entre l’excellente exploitation des fonctionnalités de la DualSense, qu’il s’agisse des retours haptiques, des gâchettes adaptatives ou encore des effets sonores intégrés au haut-parleur, et la fluidité générale des animations, tout a été pensé pour offrir des sensations de jeu convaincantes. La précision des commandes permet rapidement de prendre ses marques et contribue à rendre l’expérience particulièrement confortable.

Le gameplay s’articule autour de trois piliers principaux : les combats, l’exploration ponctuée d’énigmes et de collectables, ainsi que les séquences d’infiltration destinées à échapper à une créature particulièrement inquiétante.
Concernant les affrontements, Sophia dispose d’une palette de mouvements relativement complète comprenant des attaques légères, des coups puissants, des compétences spéciales, mais aussi des esquives et des parades à effectuer au bon moment. Pour le coup, les mécaniques rappellent celles de nombreuses productions d’action récentes et s’appuient sur des systèmes éprouvés. Si l’ensemble fonctionne efficacement, on regrette toutefois un certain manque d’originalité. La parade se montre notamment très permissive, au point de neutraliser presque systématiquement les attaques ennemies lorsqu’elle n’est pas utilisée au bon moment. Résultat, la touche L1 risque d’être fortement sollicitée tout au long de l’aventure. Les amateurs de défi relevé pourront également rester sur leur faim, d’autant que les capacités de Sophia peuvent être améliorées au fil de la progression grâce à un arbre de compétences relativement accessible.

Les phases d’exploration prennent la forme de zones semi-ouvertes invitant le joueur à fouiller les environs afin de mettre la main sur divers collectables, des points de résonance ainsi que plusieurs objets secondaires. Ces éléments permettent notamment d’améliorer certaines aptitudes et d’augmenter les chances de survie lors des affrontements les plus exigeants. Les chasseurs de trophées seront heureux d’apprendre qu’il est possible de rejouer librement les différents chapitres afin de récupérer les objets manqués. Chaque niveau étant découpé en plusieurs sections, le nettoyage après l’aventure principale se révèle particulièrement pratique. De plus, des éclats lumineux attirent régulièrement l’attention du joueur et facilitent la découverte des secrets les mieux dissimulés.
Du côté des énigmes, Resonance: A Plague Tale Legacy reste relativement classique. Aucune d’entre elles ne nous a véritablement posé problème et les habitués du genre devraient les surmonter sans difficulté majeure. Cela dit, l’objectif du jeu n’est clairement pas de mettre les neurones du joueur à rude épreuve. Si jamais un casse-tête venait malgré tout à vous bloquer, le compagnon qui accompagne Sophia pourra fournir des indices afin de vous remettre sur la bonne voie après quelques minutes de recherche.

L’équilibre entre les différentes composantes du gameplay est globalement réussi. Les passages les plus tendus demeurent néanmoins les séquences d’infiltration. Sans trop en révéler, la créature lancée à vos trousses se montre impitoyable et la moindre erreur peut se payer au prix fort. Il ne sera donc pas rare de mourir à plusieurs reprises avant de trouver le bon itinéraire ou la stratégie adéquate. Ces passages apportent une dose de tension bienvenue et contribuent à rythmer efficacement la progression.
Finalement, ce savoureux mélange d’action, d’exploration et d’infiltration accouche d’une aventure particulièrement agréable à parcourir. Resonance: A Plague Tale Legacy séduira avant tout les joueurs à la recherche d’une expérience narrative immersive que d’un défi particulièrement exigeant. Et pour parachever l’ensemble, Asobo Studio démontre une nouvelle fois son savoir-faire en matière de direction artistique. Fidèle à l’identité visuelle de la saga, le studio livre des environnements somptueux et une mise en scène soignée qui renforcent encore davantage l’immersion du joueur.
Une ambiance mi-horrifique, mi-paradisiaque
Très largement mis en avant lors de ses différentes bandes-annonces, l’aspect technique de Resonance: A Plague Tale Legacy constitue une véritable réussite. Contrairement à de nombreuses productions actuelles reposant sur l’Unreal Engine, le titre s’appuie sur le moteur propriétaire d’Asobo Studio, le Zouna Engine. Le résultat est particulièrement convaincant, avec un rendu visuel très propre et de superbes panoramas sur PS5 Pro. Que l’on explore les ruelles de Venise ou les paysages ensoleillés de Crète, chaque environnement bénéficie d’un soin remarquable et donne parfois envie de prolonger le voyage bien au-delà de l’écran.
Le jeu se montre encore plus impressionnant sur PS5 Pro grâce à la prise en charge du PSSR, une technologie d’upscaling qu’il est possible d’activer dans les menus. Curieusement, cette option n’est pas activée par défaut alors que le gain en netteté est immédiatement perceptible. Si vous disposez du matériel adéquat ainsi que d’un téléviseur compatible, nous vous recommandons vivement de l’activer. Seul bémol, au moment de notre test, ce paramètre n’était pas conservé après la fermeture du jeu et devait être réactivé à chaque nouvelle session.

Comme la plupart des titres disponibles sur PS5, Resonance: A Plague Tale Legacy propose deux modes graphiques : Qualité et Performance. Pour notre part, nous avons effectué l’intégralité de l’aventure dans ce dernier mode. Hormis quelques baisses de framerate ponctuelles lors de deux ou trois séquences particulièrement chargées en effets visuels, le jeu s’est montré globalement stable et a maintenu ses 60 images par seconde de manière satisfaisante.
Tout n’est cependant pas parfait. Le moteur Zouna affiche parfois certaines limites, avec quelques textures manquant de finesse ainsi que des animations secondaires parfois un peu rigides. Ces imperfections restent néanmoins anecdotiques au regard de la qualité générale de la production. Quant aux nombreuses cinématiques qui rythment l’aventure, elles sont intégralement réalisées avec le moteur du jeu et profitent d’une mise en scène soignée, parfaitement en accord avec le reste de l’expérience.
Au-delà de ses qualités techniques, c’est surtout la direction artistique qui impressionne du début à la fin. Si l’on pourra regretter un certain manque de variété dans les environnements visités, les décors traversés n’en demeurent pas moins superbes. Certaines vues offrent même des panoramas véritablement saisissants et comptent parmi les plus beaux moments visuels de l’aventure. Nous vous recommandons d’ailleurs de profiter du mode Photo particulièrement complet mis à disposition. Celui-ci permet de capturer de magnifiques clichés et de les partager facilement sur les réseaux sociaux.

Autre excellente surprise, les nombreuses options d’accessibilité proposées. Le jeu met à disposition une grande variété de réglages destinés à s’adapter aux besoins de chacun, notamment pour les personnes souffrant de troubles de la vision, comme le daltonisme. L’ensemble est clair, complet et particulièrement bien expliqué. Un travail exemplaire qui mérite d’être souligné tant il contribue à rendre l’expérience accessible au plus grand nombre.
Enfin, impossible de conclure sans évoquer l’ambiance sonore, qui participe elle aussi grandement à l’immersion. Entre un sound design de qualité et une bande originale particulièrement inspirée, Resonance: A Plague Tale Legacy parvient à créer une atmosphère constamment captivante. Olivier Derivière signe son grand retour après avoir composé les musiques des deux précédents épisodes, et son travail se montre une nouvelle fois à la hauteur des attentes. Les compositions accompagnent parfaitement les différents temps forts de l’aventure et renforcent efficacement les émotions véhiculées par le récit.
Certaines sonorités pourront même rappeler, par moments, l’approche musicale de Clair Obscur: Expedition 33, notamment dans le choix de certains instruments et dans la manière dont les thèmes sont orchestrés. Toujours utilisées avec justesse, les musiques contribuent pleinement à l’identité du jeu. Pour profiter de cette expérience dans les meilleures conditions, nous ne pouvons que vous recommander l’utilisation d’un bon casque ou d’un système audio de qualité.
Verdict
Avec sa mise en scène décoiffante et une technique globalement bien rodée, Resonance: A Plague Tale Legacy réussit son pari de nous en mettre plein les yeux pendant la douzaine d’heures proposées. Si l’histoire et son déroulement sont finalement assez prévisibles dans l’ensemble, le tout est finalement bien chapoté avec des phases d’exploration, d’infiltration et de combats en alternance. Rien de bien original finalement dans sa mise en œuvre, mais une exécution très bien maîtrisée dans l’ensemble suffisante pour vous recommander ce titre. En revanche, ne vous attendez pas à une rejouabilité excessive car une fois les collectables récupérés (soit une vingtaine d’heures au global), nul doute que vous ne relancerez pas une seconde fois l’aventure. Une aventure que nous recommandons aux amateurs de jeux narratifs qui aiment se faire prendre par la main tout au long de leur voyage en terre inconnue. Et pour les abonnés au service Xbox Game Pass, rappelons que le titre est disponible dès sa sortie pour ceux qui disposent de la formule Ultimate.
Points forts
- Très réussi visuellement avec le support du PSSR sur PS5 Pro
- Gameplay efficace dans son approche
- Une atmosphère d'ensemble agréable de bout en bout
- Doublages français et OST de qualité
- De nombreuses options d'accessibilité pour s'adapter à tous les publics
Points faibles
- Quelques textures/animations en deça du reste
- Trop court en ligne droite (12h environ) avec une rejouabilité limitée
- Histoire intéressante mais prévisible
- Une boucle de gameplay assez redondante (exploration/combat/infiltration...)
- Un jeu couloir qui manque de vastes zones à explorer
- Encore quelques bugs (avant le patch day one)