From Software et son directeur, Hidetaka Miyazaki, ont, depuis maintenant plus d’une décennie, marqué de leur empreinte l’industrie vidéoludique. Après la trilogie Dark Souls, une incursion dans un Japon fantasmé via Sekiro: Shadows Die Twice et une ambiance victorienne dans Bloodborne, le studio a décidé en 2022 d’étoffer sa formule via la création d’Elden Ring. Coécrit par Miyazaki et le papa du Trône de fer, George R.R. Martin, le titre a rapidement rencontré un succès fulgurant, en témoignent son sacre lors de la remise des GOTY en 2022 et un nombre de ventes conséquent (ainsi qu’une ribambelle d’autres trophées). En 2024, c’est une extension qui voit le jour avec Shadow of the Erdtree et qui, là encore, met tout le monde d’accord. Cependant, les joueurs de l’environnement Nintendo n’avaient pas encore eu droit à leur dose de bonheur. C’est désormais chose faite, avec la sortie, le 28 août 2026, d’Elden Ring Tarnished Edition.
Test réalisé sur Nintendo Switch 2 à l’aide d’une version numérique fournie par l’éditeur
La nouveauté dans l’Open World
Elden Ring prend place dans le monde de l’Entre-Terre, un monde qui a vu s’affronter, bien avant votre arrivée, des seigneurs corrompus lorsque la reine du royaume, Marika, dans un accès de folie, a brisé le Cercle d’Elden. Vous incarnez un Sans-Éclat, un humain dépourvu de la grâce divine, banni de l’Entre-Terre par cette dernière. Votre objectif sera alors de récupérer les Runes Majeures avant de reforger le Cercle d’Elden et de devenir à votre tour le nouveau Seigneur de l’Entre-Terre, remplaçant de fait la reine Marika.
L’aventure commence, après un bref tutoriel, dans Nécrolimbe et vous donne un premier aperçu de ce que le monde d’Elden Ring aura à vous offrir durant la centaine d’heures que le jeu vous réserve. L’open world du titre a à cœur de ne pas vous prendre par la main et ne vous donnera que des indications générales quant à la route à suivre pour affronter votre prochain seigneur. Sur votre chemin se dresseront alors de nombreux ennemis, mais surtout de nombreux lieux et secrets à découvrir. Le studio a cherché au maximum à mettre l’accent sur le sentiment d’aventure et d’exploration.
Il est bien sûr possible de vous aider grâce à la carte du monde, qui se dévoilera au fur et à mesure que vous en récupérerez les morceaux répartis dans le monde, mais rien ne vaut la balade à dos de Torrent, votre fidèle destrier, pour découvrir les secrets de l’Entre-Terre. La force d’Elden Ring, c’est que cette exploration est toujours gratifiante pour le joueur puisqu’en plus d’obtenir de nouveaux objets permettant d’améliorer votre personnage, c’est souvent l’occasion d’en apprendre davantage sur le lore (From Software et Miyazaki restent fidèles à eux-mêmes : le lore du jeu est toujours cryptique, et il faut réussir à faire le lien entre la narration environnementale, les PNJ rencontrés et les descriptions d’objets et de sorts, qui sont de véritables mines d’informations).

Bien sûr, le jeu ne se résume pas uniquement à un monde ouvert. La plupart des seigneurs à affronter se trouvent dans des donjons majeurs, au level design forcément plus resserré. Et c’est là que l’on reconnaît toute la maîtrise et le génie de From Software dans la construction des niveaux. On y retrouve bien évidemment les traditionnels raccourcis permettant de se reposer auprès d’un site de grâce (les feux de camp), mais là où le studio parvient à frapper très fort, c’est dans la verticalité et l’enchevêtrement des niveaux, qui titillent sans cesse votre curiosité et votre envie d’exploration.
Un gameplay en constante évolution
Forcément, le gameplay d’Elden Ring est un terrain connu pour les habitués des œuvres de Hidetaka Miyazaki. Un gameplay exploité depuis maintenant une quinzaine d’années, qui n’a cessé de se peaufiner pour atteindre ici son apogée. L’évolution de votre personnage se fait au fil des montées de niveau, grâce aux runes que vous récupérerez en tuant des ennemis (celles-ci servant également de monnaie du jeu). Vous répartirez ensuite ce niveau dans des statistiques liées au build que vous souhaitez construire (vitalité, endurance, force, dextérité, intelligence…). Tout au long de votre aventure, vous constituerez par ailleurs un arsenal impressionnant d’armes de corps à corps et à distance, mais aussi de nombreux sorts (miracles et sortilèges) afin d’étoffer vos capacités de combat.
Pour les affrontements, vous êtes ici en terrain connu : attaque légère, attaque forte, utilisation de magie et gestion de l’endurance. Rien de bien difficile à prendre en main. Là où réside tout le sel des affrontements, c’est que la plupart des ennemis ne vous feront aucun cadeau, et une esquive ou une parade au mauvais moment sera rapidement punie. La renommée du studio s’est également bâtie grâce à des affrontements de boss toujours épiques et éprouvants, qui vous laissent bien souvent au seuil de la mort lorsque vous parvenez à triompher.

La difficulté a toujours fait débat à chaque sortie de From Software, car, bien qu’exigeants plus que réellement difficiles, il faut avouer que de nombreux joueurs n’ont pas voulu franchir le pas, de peur de ne pas réussir à voir le bout de l’aventure. Le studio a ici décidé d’aider les joueurs à progresser via des esprits que l’on peut invoquer en consommant du mana, la plupart du temps. Ces esprits prendront alors part au combat à vos côtés et pourront capter l’aggro du boss tout en réduisant sa barre de points de vie. Une bonne solution pour permettre aux néophytes de prendre en main ce gameplay tout en continuant d’explorer ce merveilleux monde qu’est l’Entre-Terre.
En combat, la principale nouveauté provient des cendres de guerre, que l’on peut ajouter à nos armes afin de disposer d’un plus grand panel offensif (certaines cendres de guerre peuvent également booster vos statistiques). Ces cendres de guerre ne sont pas à négliger, car elles donnent un avantage certain en combat et sont souvent la clé pour qu’un affrontement de boss se passe bien (ou du moins mieux).

La Switch 2, un bon moyen de découvrir le jeu ?
La première fois que le jeu a pu être approché par le public, les retours ont inquiété tout le monde. Le jeu subissait alors de gros soucis de framerate et la résolution était en dents de scie. From Software a alors revu sa copie et a pris plus de temps que prévu pour peaufiner le portage. Alors que le jeu devait initialement sortir en 2025, le voilà qui arrive courant été 2026. Et force est de constater que le studio a pris la bonne décision. Certes, des concessions ont forcément été faites, notamment sur la distance d’affichage et sur les graphismes en général, mais le constat est clair : Elden Ring Tarnished Edition est sans doute le meilleur portage que l’on pouvait espérer sur la dernière console de Nintendo.
En version nomade, la résolution affichée est de 1280 x 800 pixels, tandis qu’en version dock, elle passe à 1080p. Le framerate, quant à lui, est fixé à 30 images par seconde la plupart du temps, aussi bien en portable qu’en docké, même si lors des combats de boss nous avons pu constater une hausse des FPS, ce qui est plutôt appréciable au vu de l’importance de la fluidité lors de certains affrontements. Il est malheureusement à noter qu’en dock, le framerate oscille beaucoup plus qu’en nomade, particulièrement dans certaines régions lorsque le monde s’ouvre et que la distance d’affichage est assez conséquente. Actuellement, la région la plus concernée par ce framerate capricieux est celle de Liurnia, qui s’avère beaucoup plus stable en nomade.
Le combat contre Radahn a également été compliqué par un framerate instable. Il est fort à parier que des correctifs viendront tout cela. Même si atteindre les 60 FPS semble utopique, il serait toujours préférable d’avoir un jeu qui tourne à 30 FPS en permanence, ce qui n’est pas toujours le cas. Entendons-nous bien : ce framerate vacillant est peu présent et ne gêne ni l’exploration ni les combats classiques dans l’Entre-Terre, mais il peut néanmoins gâcher certains affrontements de boss lorsque les zones sont très ouvertes. Il semblerait que le principal problème vienne du fait que le jeu n’arrive pas à maintenir un taux fixe et qu’il oscille grandement entre 30 et 60 FPS. Il aurait peut-être été préférable de tout bloquer à 40, ce qui aurait évité bien des désagréments.

Cette édition inclut aussi le DLC Shadow of the Erdtree, sans doute la meilleure extension réalisée par From Software, et l’un des meilleurs DLC que l’industrie du jeu vidéo nous ait offerts (même si le boss de fin du DLC est certainement l’une des purges les plus infâmes du studio). Cette extension ajoute de nombreuses heures à l’aventure initiale, déjà bien longue. Si vous découvrez les souls-like, attendez-vous à 150 heures de jeu au minimum. Shadow of the Erdtree possède sans doute l’un des meilleurs level designs en matière de création d’open world : La carte est extrêmement verticale, cache de nombreux secrets et clôture Elden Ring de la meilleure des manières.
Petit bonus : la Tarnished Edition est livrée avec deux nouvelles classes :
- Le Chevalier d’Ildus, en armure légère, armé d’un espadon léger (l’un des nouveaux types d’armes du DLC) ;
- Le Chevalier Lourd qui, comme son nom l’indique, est équipé d’une armure lourde (qu’il ne peut porter dès le début) et d’un espadon courbé.
De plus, différents skins pour votre monture sont répartis dans l’Open World. Des ajouts bienvenus qui ne bouleversent pas l’ordre établi, mais qui alimentent le plaisir de jeu.
Verdict
Quatre ans après sa sortie, Elden Ring est toujours un monument du jeu vidéo. Bien que le jeu ne soit pas dans un état technique parfait, ce portage est loin d’être honteux et nous pouvons le ranger dans la même catégorie que celui de Cyberpunk 2077 ou de Final Fantasy VII Remake. From Software a réussi à dompter la console de Nintendo malgré une puissance globale clairement en retrait par rapport aux autres consoles du marché, et les légers problèmes de FPS seront sans doute réglés via de futures mises à jour. On regrettera peut-être un prix élevé pour l’arrivée d’un jeu qui a déjà 4 ans et qui fut un succès mondial. Cependant, si vous n’avez jamais pu poser vos mains sur le dernier jeu du studio, nous ne pouvons que vous conseiller de sauter le pas : l’aventure qu’Elden Ring vous offre sera sans doute l’un de vos plus beaux voyages.
Points forts
- Elden Ring partout, tout le temps
- L'un des meilleurs open world jamais créés
- De nombreux builds possibles
- Un véritable sentiment d'aventure
- Shadow of the Erdtree est inclus, une magnifique fin pour Elden Ring
Points faibles
- Le dernier acte du jeu de base, qui tire un peu en longueur
- Un framerate qui pourrait être plus stable
- Un prix de lancement sans doute un peu élevé pour un jeu qui a 4 ans