TEST Tales of Eternia Remastered : un classique de la saga revient sur le devant de la scène

Après avoir remis plusieurs épisodes emblématiques de la saga au goût du jour, Bandai Namco poursuit son opération de réhabilitation de son catalogue avec Tales of Eternia Remastered. Sorti initialement au début des années 2000, ce JRPG culte revient sur les plateformes modernes avec une série d’améliorations destinées à faciliter l’expérience sans dénaturer la formule d’origine. Mais à l’heure où les remasters se succèdent, cette nouvelle édition parvient-elle à rendre justice à l’un des épisodes marquants de la franchise ?

Test réalisé sur Nintendo Switch grâce à une version numérique envoyée par l’éditeur.

Une vague de remasters pour faire revivre les classiques de Tales of

Ces dernières années, Bandai Namco a progressivement multiplié les initiatives pour permettre aux joueurs de redécouvrir les épisodes les plus appréciés de Tales of. Après Tales of Symphonia Remastered, paru en février 2023, l’éditeur a véritablement accéléré la cadence en 2025 avec Tales of Graces f Remastered, sorti en janvier. Cette nouvelle édition proposait des graphismes améliorés, de nombreuses options de confort et plus de 80 catégories de contenus additionnels issus de la version originale, offrant ainsi une manière plus accessible de replonger dans cette aventure.

Quelques mois plus tard, en octobre 2025, c’était au tour de Tales of Xillia Remastered de faire son retour. Cet épisode, qui se distingue notamment par la possibilité de vivre l’histoire à travers deux protagonistes, bénéficiait lui aussi d’améliorations visuelles et de fonctionnalités pensées pour les joueurs d’aujourd’hui. En février 2026, Tales of Berseria Remastered prenait le relais avec son récit plus sombre, tout en intégrant des options facilitant la progression et une grande partie des contenus téléchargeables de la version originale.

Disponible depuis le 16 octobre 2026, Tales of Eternia Remastered s’inscrit donc dans la continuité de ce programme. Mais contrairement aux épisodes plus récents de la série, Eternia nous ramène à une époque où le JRPG en était encore à ses grandes heures sur PlayStation et où les aventures narratives japonaises revendiquaient une identité bien particulière. L’enjeu est désormais de retrouver ce charme d’antan tout en profitant d’une expérience adaptée aux standards actuels, sans pour autant attendre une refonte complète du jeu.

Une aventure entre deux mondes

L’histoire nous entraîne dans le monde d’Éternia, divisé entre deux royaumes que tout semble opposer : Inféria et Célestia. Nous y incarnons Reid Hershel, un jeune homme vivant paisiblement dans le village de Rasheans avec son amie d’enfance Farah Oersted. Leur quotidien bascule lorsqu’ils rencontrent Meredy, une mystérieuse jeune fille qui parle une langue inconnue et dont les origines paraissent étroitement liées à un danger qui menace leur monde.

En cherchant à percer le mystère de cette étrange rencontre, Reid et ses compagnons découvrent qu’une catastrophe appelée la Grande Chute pourrait provoquer la collision des deux mondes et entraîner leur destruction. Accompagnés de nouveaux alliés, ils devront parcourir Éternia, maîtriser les pouvoirs des esprits élémentaires, les méta-elferias, et tenter d’empêcher l’inévitable.

Un gameplay à l’ancienne, modernisé par quelques améliorations

Si Tales of Eternia conserve les grandes lignes de son gameplay d’origine, ce remaster apporte plusieurs améliorations de confort qui facilitent considérablement la progression. Pour rappel, l’épisode repose sur l’Aggressive Linear Motion Battle System, un système de combat en 2D et en temps réel dans lequel les personnages se déplacent sur un plan horizontal. Loin des affrontements au tour par tour des premiers JRPG, il faut ici enchaîner les artes, gérer les distances et coordonner les différents membres de son équipe pour prendre l’avantage. Une formule qui a plutôt bien vieilli et qui conserve encore aujourd’hui un certain dynamisme, malgré son aspect plus traditionnel que les épisodes modernes de la franchise.

La principale nouveauté réside toutefois dans la liberté laissée au joueur pour adapter son expérience. Les rencontres aléatoires peuvent désormais être désactivées à volonté, ce qui permet d’explorer les environnements ou de progresser dans l’histoire sans être constamment interrompu. Des marqueurs de destination indiquent également la direction des objectifs, limitant ainsi les allers-retours inutiles lorsque l’on ne sait plus très bien où aller. À cela s’ajoute un mode accéléré pour les combats automatiques, particulièrement appréciable lorsque l’on traverse une zone déjà visitée ou que l’on souhaite enchaîner rapidement les affrontements les moins intéressants.

Le système de combat profite lui aussi de quelques ajustements bienvenus. Une fonctionnalité de soin rapide permet de restaurer plus facilement les forces du groupe, tandis qu’une option de nouvelle tentative évite de devoir reprendre toute sa progression après une défaite. Le mode Boost offre également davantage de contrôle sur le rythme de l’aventure, notamment en permettant d’ajuster les gains d’expérience et la fréquence des rencontres. Enfin, deux niveaux de difficulté supplémentaires font leur apparition : Extrême, accessible dès le début, et Inconnue, qui se débloque après avoir terminé le jeu une première fois. Les vétérans disposent ainsi de nouvelles possibilités pour relever le défi, tandis que les nouveaux venus peuvent rendre leur progression plus accessible.

Un remaster techniquement inégal

C’est probablement sur le plan technique que Tales of Eternia Remastered divise le plus. Si l’on peut saluer les efforts entrepris pour rendre ce classique accessible sur les plateformes actuelles, force est de constater que le travail de remastérisation reste assez inégal. Le jeu bénéficie d’une présentation en 16:9, d’une meilleure lisibilité générale et d’un mode graphique permettant de basculer à tout moment entre le rendu original et la version remastérisée. Une excellente initiative sur le principe, qui laisse à chacun la liberté de retrouver l’apparence d’époque ou de profiter d’une image adaptée aux écrans modernes.

Malheureusement, le résultat n’est pas toujours convaincant. Certains décors profitent d’un traitement plus propre, mais les différentes couches graphiques ne s’harmonisent pas systématiquement. Les sprites des personnages conservent leur apparence d’origine, tandis que certains objets et éléments d’interface ont bénéficié d’un traitement distinct. Ce décalage donne parfois l’impression de voir cohabiter plusieurs générations de graphismes au sein d’une même scène. L’amélioration de certains arrière-plans peut également produire un rendu un peu flou ou artificiel, là où un traitement plus respectueux des pixels d’origine aurait probablement mieux fonctionné. Plus regrettable encore, la cinématique d’ouverture souffre de défauts liés à son agrandissement, qui altèrent la netteté de certaines images et de certains détails. Pour un jeu dont le charme repose en grande partie sur son identité visuelle rétro, ces choix sont difficiles à ignorer.

La partie sonore s’en sort heureusement beaucoup mieux, même si elle ne satisfera pas tous les nostalgiques. Le remaster propose un nouveau doublage anglais, une piste japonaise et un doublage intégral des conversations facultatives entre personnages, les fameux skits. Ces dernières permettent de mieux apprécier la personnalité du groupe et donnent davantage de relief aux relations entre les protagonistes. La localisation anglaise a également été retravaillée, tandis qu’une option permet de retrouver les effets sonores d’origine. Le revers de la médaille est l’absence des anciennes voix anglaises : impossible de retrouver le doublage des versions PS1 et PSP occidentales, même pour ceux qui auraient préféré conserver son charme parfois maladroit. Il est également regrettable de ne pas disposer d’une option native au format 4:3 ou d’un filtre cathodique pour les amateurs de rendu rétro.

Le contraste est d’autant plus frappant lorsque l’on met ce remaster en perspective avec Final Fantasy Resonance, sorti il y a quelques jours. Bien qu’il s’agisse cette fois d’une production entièrement originale, et non d’une restauration d’un jeu existant, le titre de Square Enix propose une direction artistique HD-2D particulièrement soignée, qui parvient à moderniser l’esthétique rétro sans sacrifier son identité visuelle. Face à lui, Tales of Eternia Remastered fait malheureusement pâle figure : là où Resonance démontre tout le potentiel du pixel art lorsqu’il est servi par une véritable vision artistique, Eternia donne trop souvent l’impression de s’être contenté d’un lifting superficiel et inégal. La comparaison n’est certes pas totalement équitable entre une création originale et un remaster, mais elle soulève néanmoins une question légitime : pourquoi un jeu conçu il y a plus de vingt-cinq ans ne bénéficie-t-il pas d’un travail de restauration plus ambitieux, alors que d’autres productions parviennent à faire du rétro une véritable force esthétique ?

Côté performances, la Nintendo Switch originale présente quelques ralentissements et des temps de chargement parfois plus longs que souhaité. Il est dommage qu’un titre en 2D de cette génération ne soit pas irréprochable sur l’ensemble des supports. Ce ne sont pas des problèmes qui remettent fondamentalement en cause la jouabilité, mais ils rappellent que cette édition n’a pas bénéficié du même niveau de finition sur toutes les plateformes.

Verdict

Tales of Eternia Remastered permet de redécouvrir un classique du JRPG dans des conditions plus confortables, sans dénaturer les qualités qui ont fait sa réputation. Son système de combat en temps réel reste plaisant, son aventure conserve un charme indéniable et les nombreuses options de confort facilitent agréablement la progression. Malheureusement, cette réédition peine à convaincre sur le plan technique, avec une remastérisation graphique inégale, des choix visuels discutables et l’absence de certaines options qui auraient permis de mieux respecter l’œuvre originale. Une réédition recommandable pour les curieux et les nostalgiques qui souhaitent retrouver cette aventure, mais qui laisse un goût d’inachevé.

70/100
Score total iIl s'agit d'une appréciation générale du jeu de la part du testeur et non d'une note à proprement parler

Points forts

  • Un JRPG classique dont l'aventure conserve tout son charme
  • Un système de combat en temps réel toujours dynamique et agréable
  • De nombreuses options de confort pour adapter la difficulté et le rythme de progression
  • La possibilité de retrouver les graphismes et les effets sonores d'origine

Points faibles

  • Une remastérisation graphique inégale, parfois peu convaincante
  • L'impossibilité de retrouver les anciennes voix anglaises des versions PS1 et PSP
  • L'absence d'options rétro supplémentaires, comme un affichage natif en 4:3 ou un filtre cathodique
  • Des performances perfectibles sur Nintendo Switch
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