Malgré la perte de la licence FIFA il y a maintenant quelques années, Electronic Arts a su faire le dos rond et proposer des épisodes annuels qui continuent de se vendre comme des petits pains. Cette année, les développeurs américains mettent particulièrement l’accent sur la dimension sociale avec The Grounds, un mode de jeu pensé pour la rue et les interactions entre joueurs. De quoi faire grincer des dents les amateurs de gazon et de stades en fusion ?
Testé sur PS5 Pro grâce à une version Ultimate Edition numérique envoyée par l’éditeur
Un volet technique impeccable pour les oreilles, à parfaire pour les yeux
Depuis de nombreuses années, les simulations sportives – à l’exception de quelques productions – restent des références en matière de modélisation de personnages. Pour ce nouveau cru, EA Sports FC 27 reprend les nouveautés introduites dans EA Sports FC 26 en réutilisant les technologies déjà éprouvées les années précédentes. On retrouve ainsi le moteur Frostbite, également utilisé dans d’autres jeux de la firme comme Battlefield 6. Résultat : une modélisation toujours aussi poussée de nos footballeurs préférés, accompagnée de contacts plus naturels, proches de ce que l’on observe sur les terrains le week-end ou en semaine.
Mais ce n’est pas tout : Frostbite reste couplé aux technologies introduites l’an dernier. HyperMotion V2, associé à ProPLAY, renforce encore l’immersion grâce à un réalisme accru, des animations plus fluides et des contacts plus crédibles. Dans les faits, EA Sports FC 27 demeure une référence dans le milieu, avec une modélisation globalement très réussie de ses athlètes. À l’exception de quelques ratés avec notamment certains entraîneurs modélisés complètement à côté de la plaque, l’ensemble reste solide.
Au-delà de cet aspect technique, la partie sonore occupe une place essentielle dans un jeu de football, surtout en 2026. Vous passerez presque autant de temps dans les menus à gérer votre club, votre composition ou votre équipe FUT qu’à fouler la pelouse. Il faut donc une tracklist conséquente pour accompagner ces moments, et sur ce point, EA Sports réussit son pari. Avec 107 titres pour une durée totale de 5 h 30, il y a largement de quoi faire. Mieux encore : cette année, la quantité rime avec qualité. The Strokes, Temper City, Disiz ou encore Angèle/Justice figurent parmi les artistes mis en avant. On rira peut-être un peu jaune en découvrant qu’un morceau de l’influenceur Squeezie fait également partie de la sélection.

En dehors de cette omniprésence musicale, le sound design reste de qualité, avec des ambiances de stades toujours aussi bien retranscrites. Nous serons peut-être surpris d’entendre autant de ferveur au Stade Louis-II de l’AS Monaco, l’un des nouveaux terrains de jeu de cet opus, mais ce n’est pas bien grave. Les supporters entonnent les chants de leurs clubs, les musiques emblématiques des grands stades sont présentes, sans oublier les hymnes nationaux. Et pour nous, joueurs français, on retrouve la team DaDa : Benjamin Da Silva et Omar Da Fonseca aux commentaires. Malgré leur séparation après la perte des droits de LaLiga sur beIN Sports, les deux compères continuent de nous régaler avec leurs anecdotes et leur bonne humeur.
Mais alors, EA Sports FC 27 est-il irréprochable techniquement ? Pas tout à fait. Si la partie sonore et la modélisation des athlètes atteignent un très haut niveau, le reste du titre est loin d’être aussi abouti. Les spectateurs, les PNJ qui gravitent autour des stades, ainsi que toute la partie vestiaire manquent clairement de travail. On retrouve des textures sans âme, vieillissantes, qui contrastent fortement avec la qualité des joueurs. Et cet aspect visuel prend d’autant plus d’importance avec l’arrivée de The Grounds, la principale nouveauté de cet opus. La transition est toute trouvée pour en parler plus en détail.
The Grounds : c’est du Foot de rue ?
Une simulation sportive avec un monde ouvert situé en pleine rue : une idée déjà vue depuis bien des années chez Take‑Two Interactive. Dès son annonce il y a quelques mois, The Grounds a immédiatement rappelé la mécanique introduite dans les épisodes de la franchise NBA 2K depuis plus d’une décennie. Entre son lancement en 2014 et ce qu’il est devenu aujourd’hui, le monde ouvert de la série de basket a beaucoup évolué avec un objectif clair : inciter les joueurs à utiliser les achats intégrés pour personnaliser leur avatar en quête de progression. Est‑ce également la vocation de The Grounds, promu de manière insistante par Electronic Arts ? Oui et non : on dirait plutôt une première copie ambitieuse, mais au résultat encore très brouillon.

L’idée est de se retrouver entre amis pour parcourir les rues d’une ville sans nom, inspirée de quartiers français, argentins et anglais, et proposant de nombreuses activités : 2v2, 3v3, foot‑basket, et au total plus d’une dizaine de variantes. Honnêtement, ces activités ne sont pas particulièrement passionnantes pour les amateurs de construction de jeu, tandis que les adeptes de gestes techniques y trouveront probablement leur compte. Car oui, on retrouve finalement un gameplay très proche de celui proposé sur les terrains traditionnels, mais nous y reviendrons dans le prochain paragraphe. Finalement, on se dit que tous ces modes, qui rappellent l’excellent mode Volta de l’époque, auraient très bien pu être intégrés via un simple menu.
Tout commence par la création de notre personnage, qui peut s’habiller avec des vêtements assez basiques au départ. Au fil des heures, des récompenses se débloquent pour personnaliser notre future star du ballon rond selon nos envies. Le système de playstyles et d’attributs est toujours présent, avec l’obligation de choisir un poste de prédilection parmi plusieurs profils. S’ensuit une séquence tutoriel avec Alex Hunter puis Kylian Mbappé avant d’être lâché dans la nature pour découvrir ce vaste monde. Petit reproche : il n’y a aucun doublage français pour ces joueurs – dommage quand on sait que Mbappé est la star de l’équipe de France et du Real Madrid. Une fois le tutoriel terminé, nous voilà livrés à The Grounds, un terrain de jeu qui paraît finalement assez vide. Avec des serveurs limités à 100 joueurs, on se retrouve très vite seul à arpenter la carte, même si l’on apprécie de pouvoir regarder les matchs depuis le bord du terrain, comme dans la vraie vie.
Bien que nous ayons joué avec des possesseurs de la version Ultimate (test réalisé avant le lancement officiel), il est bon de rappeler que le cross‑play devrait aider à maintenir The Grounds en vie pendant plusieurs mois, au moins par curiosité – les joueurs Switch 2 étant exclus de cette fonctionnalité. Electronic Arts a déjà prévu des campagnes pour mettre en avant ce mode dans les mois à venir, mais il n’est en aucun cas lié à Ultimate Team : un mauvais point pour certains, un excellent point pour ceux qui, comme nous, ne sont pas fans du modèle économique assez surréaliste de ce mode. En revanche, le mode Clubs, très apprécié, est lui bien intégré à The Grounds, et déambuler dans la rue avec son équipe prend davantage de sens.

De timides nouveautés en solo
Si vous êtes un joueur très axé sur les modes solo et que le multijoueur n’est pas un critère décisif d’achat, EA Sports FC 27 risque de vous décevoir. Cette année, aucun nouveau mode solo n’a été ajouté. Est‑ce réellement dramatique ? Pas forcément : il y a déjà de quoi faire, notamment avec des modes Carrière manager et joueur toujours très complets, sans oublier les matchs rapides déclinés en plusieurs variantes. En revanche, de petites corrections et améliorations ont été apportées ici et là pour affiner l’expérience.
Tout d’abord, fini les transferts ubuesques de EA Sports FC 26. Davantage de réalisme a été injecté dans les négociations : plus de difficulté pour recruter des joueurs concurrents, des agents qui jouent des coudes, et des interactions sociales plus poussées pour faire grimper les enchères. Un vrai travail a été réalisé sur cet aspect, et c’est tant mieux pour le réalisme que cherche à atteindre EA Sports FC 27.
Concernant Ultimate Team, peu de nouveautés majeures sont à signaler, si ce n’est l’arrivée de la Galerie, qui permet d’admirer sa collection de cartes tout au long de la saison. Elle met en valeur toutes les cartes passées par votre club, ajoutant un petit côté collectionneur très appréciable. À l’heure où les cartes Pokémon n’ont jamais été aussi populaires, on retrouve un esprit “attrapez‑les tous” qui séduira les joueurs souffrant de collectionnite aiguë. Comme d’habitude, le mode reste fortement marqué par le pay‑to‑win et la chance lors de l’ouverture des packs. L’interface, elle, a été revue pour plus de clarté, avec des événements mieux répertoriés : la visibilité en ressort nettement améliorée.

Au‑delà des modes de jeu, les simulations de football des années 2000 jouaient sur deux tableaux très différents : PES privilégiait le gameplay, tandis que FIFA misait sur les licences, aussi bien côté clubs que sélections nationales. Pour EA Sports FC 27, Electronic Arts annonce encore un contenu massif : 21 000 joueurs et joueuses issus de plus de 800 clubs et équipes nationales, répartis dans 140 stades et plus de 35 championnats.
Parmi les licences, on retrouve toutes les compétitions de l’UEFA : Champions League, Europa League et Conference League. Côté Amérique du Sud, la CONMEBOL Libertadores est jouable, tout comme les plus grands championnats européens : Premier League, Bundesliga, LALIGA EA SPORTS, Ligue 1 McDonald’s et Serie A. Pour le championnat italien, trois clubs restent absents comme les années précédentes : l’AC Milan, l’Inter Milan et l’Atalanta. Les équipes féminines sont également présentes, avec notamment l’UEFA Women’s Champions League et la D1 Arkema. Impossible de dire que EA Sports FC 27 manque de licences officielles : le contenu est tout simplement gargantuesque.
Un gameplay basé sur la construction, le début de la révolution
Un nouveau mode de jeu assez décevant, un contenu toujours conséquent et une réalisation globalement solide… mais que vaut réellement le gameplay de EA Sports FC 27 ? Chaque année, les détracteurs de la licence ressortent la même rengaine : « C’est le même jeu de toute façon ». Peut‑on vraiment leur donner tort ? Oui et non. Oui, les modifications annuelles restent légères, avec des ajustements ici et là, un peu comme Apple avec sa gamme de produits. Mais non, car derrière ces retouches se cachent des changements que les joueurs assidus remarqueront sans aucun doute après plusieurs heures de jeu. Et surtout, non, car cette année, les ajustements sont suffisamment importants pour modifier la manière de jouer des fans les plus investis, même si le joueur lambda n’y verra que des nuances.

Ne vous attendez toutefois pas à des scores plus réalistes : chaque match offre toujours un minimum de cinq buts, une tradition bien ancrée dans la franchise depuis plusieurs années. En revanche, la défense devient plus complexe à gérer, moins assistée. Il faut davantage anticiper les courses adverses, lire le jeu avec précision sous peine de se faire punir par des passes en profondeur toujours aussi traîtres, portées par des appels dévastateurs à la limite du hors‑jeu. Les prises de balle, elles, ont été retravaillées : pour maîtriser le ballon, le joueur doit être correctement orienté, avec une passe bien dosée. Finies les transmissions façon boulet de canon envoyées au hasard : tout repose sur le dosage et la construction. Pour marquer, impossible désormais de dribbler toute la défense dès le coup d’envoi : il faut décaler les lignes, créer les espaces, et bâtir patiemment ses actions.
Comme l’année dernière, deux styles de jeu sont proposés : authentique ou compétitif. Dans la plupart des modes, notamment FUT, seul le style compétitif est disponible. Le gameplay authentique, lui, offre un rythme plus posé, des constructions plus nécessaires, et respecte davantage la notation des joueurs ainsi que les conditions climatiques. Mais étant donné qu’il n’est pas sélectionnable dans la majorité des modes en ligne, difficile de s’y attarder longuement. Les puristes apprécieront malgré tout cette vision alternative du titre.
Les gardiens ont également bénéficié d’un travail intéressant. Certes, en 1v1, ils restent plutôt des cibles à abattre que de véritables derniers remparts, mais les tirs croisés sont un peu moins faciles à convertir. Toutefois, vu la vitesse générale du jeu au moment où nous écrivons ces lignes, les buts continueront de s’enchaîner sans trop de difficulté, tant les occasions sont nombreuses pour chaque joueur. Reste à savoir si cette vision du gameplay sera maintenue jusqu’à la fin de la saison, ou si des mises à jour viendront, une nouvelle fois, jouer les trouble‑fêtes pour une communauté toujours plus exigeante.
Verdict
Avec son gameplay laissant moins de place à l’aléatoire, EA Sports FC 27 opère un bond intéressant dans la bonne direction en proposant une approche plus réaliste et plus authentique du football virtuel. Néanmoins, les joueurs occasionnels risquent d’être quelque peu décontenancés par ces évolutions, qui demandent un investissement certain pour s’imposer dans les joutes en ligne. Si la modélisation réaliste, toujours aussi riche en détails, reste l’un des points forts de la licence, le titre perd en qualité avec l’introduction du nouveau monde ouvert The Grounds, qui ne réussit pas vraiment son entrée. Prometteur sur le papier, ce concept apparaît davantage comme un hub regroupant plusieurs modes de jeu que comme un véritable monde ouvert abouti. Pour les joueurs exclusivement solo, EA Sports FC 27 s’avère donc être un opus plus dispensable, tandis que les fans de football virtuel céderont très probablement à la tentation.
Points forts
- La modélisation des joueurs toujours au top
- Un gameplay qui évolue dans le bon sens pour les amateurs de la franchise
- The Grounds : une bonne idée sur le papier
- Toujours un jeu avec un contenu gargantuesque
- La tracklist excellente avec quantité et qualité
- Un nombre d'équipes toujours très conséquent
Points faibles
- En dehors du terrain et The Grounds : un manque de réalisme avec des textures datées
- Les nouveaux principes de gameplay qui pourraient perdre les joueurs du dimanche
- Les joueurs purement solo mis de côté cette année
- Certaines équipes manquent encore à l'appel
- Une absence non explicable de doublages en français lors des cinématiques
- Toujours beaucoup (trop) d'achats intégrés