TEST S.T.A.L.K.E.R. 2: Cost of Hope: La Zone retrouve de l’espoir

Après près de deux ans d’évolution, S.T.A.L.K.E.R. 2: Heart of Chornobyl accueille enfin son premier DLC narratif, Cost of Hope. Une extension particulièrement attendue, puisqu’elle arrive accompagnée de la mise à jour 2.0, présentée comme un nouveau tournant pour le jeu de GSC Game World. Après une sortie marquée par les bugs, les problèmes techniques et une A-Life largement en retrait par rapport aux ambitions annoncées, la Zone a eu le temps de se transformer. Reste désormais à savoir si cette longue reconstruction a enfin permis à S.T.A.L.K.E.R. 2 de devenir l’expérience que ses promesses laissaient entrevoir.

Test réalisé sur PC grâce à une version numérique fournie par l’éditeur

Un nouveau départ pour la Zone

Sorti en novembre 2024 après un développement particulièrement mouvementé, S.T.A.L.K.E.R. 2: Heart of Chornobyl avait impressionné par son atmosphère, sa direction artistique et l’immensité de sa Zone, tout en souffrant de nombreux problèmes techniques. Bugs de quêtes, performances parfois difficiles, comportements incohérents des PNJ et surtout une A-Life qui ne fonctionnait pas comme attendu, avaient rapidement terni l’expérience. Malgré cela, le jeu conservait cette capacité unique à créer des situations émergentes et une véritable sensation d’exploration, suffisamment forte pour que GSC poursuive son travail plutôt que de laisser son titre derrière lui.

Au fil des mises à jour, le studio a progressivement corrigé et enrichi son jeu, jusqu’à améliorer considérablement ses systèmes, son contenu et le fonctionnement de la Zone. Cette évolution trouve un premier aboutissement avec la mise à jour 2.0, pensée comme une refonte majeure de nombreux aspects du jeu, notamment ses performances, son IA et son A-Life. Celle-ci doit rendre la Zone plus vivante, avec davantage d’interactions entre les factions et les mutants, tandis que de nouvelles fonctionnalités et améliorations viennent compléter l’expérience. Après autant de travail, l’attente autour de cette version 2.0 dépasse donc largement celle d’un simple patch : pour beaucoup, elle doit enfin concrétiser une partie des promesses formulées avant et autour de la sortie.

C’est dans ce contexte que Cost of Hope doit faire ses preuves. Premier véritable DLC narratif de STALKER 2, il propose une nouvelle aventure centrée notamment sur l’affrontement entre les factions du Devoir et de la Liberté, tout en introduisant de nouveaux lieux, personnages et situations. Son arrivée représente surtout une nouvelle étape pour GSC : après avoir consacré près de deux ans à réparer et à consolider son jeu, le studio doit désormais démontrer qu’il sait également capitaliser sur cette base pour proposer une extension à la hauteur de l’univers et du potentiel de S.T.A.L.K.E.R. 2: Heart of Chornobyl.

Le prix de la Liberté

Avec Cost of Hope, le titre pousse enfin les portes des zones les plus emblématiques de son univers. L’extension permet notamment de découvrir la centrale nucléaire de Tchernobyl, longtemps attendue par les joueurs, ainsi que la nouvelle région de l’Iron Forest. Ces territoires ne servent pas simplement de nouveaux décors : ils proposent leurs propres points d’intérêt, missions, dangers et activités, tout en prolongeant considérablement l’exploration de la Zone. Le DLC apporte par ailleurs de nouvelles armes, de nouveaux ennemis, artefacts et équipements. Surtout, Cost of Hope bénéficie d’une finition nettement plus convaincante que celle de S.T.A.L.K.E.R. 2 à son lancement. La mise en scène y est beaucoup plus présente, avec des séquences scénarisées plus ambitieuses et un meilleur rythme dans les moments clés, donnant au DLC une impression de production plus maîtrisée.

Une autre séquence se démarque justement par sa volonté de sortir des sentiers battus : le passage à l’intérieur d’une anomalie qui transforme temporairement la Zone en un environnement évoquant fortement Silent Hill. Atmosphère oppressante et repères volontairement brouillés : l’idée fonctionne particulièrement bien sur le papier et permet à GSC de proposer une ambiance radicalement différente de celle du reste de l’aventure. Malheureusement, cette partie souffre d’environnements parfois un peu trop labyrinthiques, rendant la progression inutilement confuse, tandis que sa longueur finit par rendre l’expérience quelque peu fastidieuse. Une proposition intéressante et audacieuse, donc, mais qui aurait probablement gagné à être plus concise pour préserver son impact.

Cette évolution doit beaucoup à la mise à jour 2.0, déployée simultanément et qui revoit une grande partie des fondations du jeu. Passage à une version plus récente d’Unreal Engine 5, améliorations de l’éclairage, des environnements et des performances, mais aussi poursuite du travail sur l’A-Life : la Zone doit désormais paraître plus autonome, avec davantage d’affrontements entre factions et mutants, des points d’intérêt susceptibles de changer de mains et des PNJ pouvant récupérer du matériel sur les cadavres. La brume devient également un élément de gameplay à part entière en affectant la visibilité et l’audition. À cela s’ajoutent plusieurs améliorations très attendues, dont les jumelles, qui permettent enfin d’observer et d’identifier les menaces à distance, ainsi que de nouvelles armes et optiques. L’ensemble donne surtout le sentiment d’un studio ayant retrouvé des conditions de développement beaucoup plus sereines qu’au moment du lancement. GSC Game World, dont une partie importante des équipes travaille à présent depuis l’étranger en raison de la guerre en Ukraine, semble ainsi avoir pu retrouver un cadre plus stable pour développer et peaufiner son jeu.

Une Zone plus belle, mais encore imparfaite

La mise à jour 2.0 constitue indéniablement un progrès sur le plan technique. En passant d’Unreal Engine 5.1 à la version 5.5.4, GSC Game World a revu en profondeur le rendu de S.T.A.L.K.E.R. 2, avec un nouvel éclairage, des shaders retravaillés, des ombres et des réflexions plus convaincantes ainsi qu’une végétation plus dense et détaillée. Le framerate profite également de l’évolution du moteur et de diverses optimisations, avec des gains particulièrement perceptibles dans les zones peuplées et lors des séquences sollicitant fortement le processeur. Le résultat n’est toutefois pas exempt de défauts : certains effets de lumière peuvent encore produire des artefacts, notamment dans les environnements extérieurs, tandis que la densité accrue de la végétation accentue parfois le popping. Arbres, herbes et éléments du décor continuent ainsi d’apparaître ou de changer de niveau de détail de manière visible à moyenne et longue distance. Il existe aussi encore quelques problèmes de rendu liés à Lumen, comme des scintillements ou une exposition de temps en temps excessive.

Le constat est assez similaire concernant A-Life. La 2.0 représente une évolution réelle : la Zone paraît davantage animée par des événements autonomes, les points d’intérêt peuvent être disputés entre stalkers et mutants et les affrontements semblent moins systématiquement générés autour du joueur. Certains retours constatent même une amélioration sensible de la persistance et du comportement général des groupes. Mais GSC n’est toujours pas parvenu à reproduire complètement le système vivant et systémique promis avant la sortie. Les comportements de l’IA restent parfois rudimentaires, certains ennemis peuvent encore apparaître de manière peu naturelle et les PNJ ne donnent pas systématiquement l’impression de poursuivre une véritable simulation indépendante. Plusieurs retours post-2.0 soulignent précisément ce paradoxe : A-Life fonctionne mieux qu’en 2024, mais reste encore en deçà de l’ambition historique de la série.

Finalement, Cost of Hope profite donc d’une version techniquement bien plus mature que celle qui accompagnait S.T.A.L.K.E.R. 2 lors de son lancement, mais la 2.0 ne constitue pas encore la correction définitive de tous ses problèmes technologiques. GSC a considérablement réduit l’écart entre ce que le jeu promettait et ce qu’il propose réellement, sans pour autant le combler totalement. Et c’est probablement là que se situe la principale nuance à apporter à cette version 2.0 : elle ressemble davantage à une étape majeure dans la reconstruction de la Zone qu’à son aboutissement.

Verdict

Cost of Hope confirme que S.T.A.L.K.E.R. 2 avait encore de belles cartes à jouer. Plus ambitieux, mieux mis en scène et nettement plus soigné que le jeu de base à sa sortie, ce premier DLC profite pleinement des nombreuses améliorations apportées par la mise à jour 2.0 et offre une nouvelle plongée réussie dans une Zone toujours aussi fascinante. Malgré quelques imperfections techniques persistantes, GSC Game World signe avec ce DLC une extension solide et surtout rassurante pour l’avenir de sa licence. Ce n’est pas encore la version définitive de S.T.A.L.K.E.R. 2, mais c’est probablement celle qui s’en rapproche le plus à ce jour.

75/100
Score total iIl s'agit d'une appréciation générale du jeu de la part du testeur et non d'une note à proprement parler.

Points forts

  • Une campagne plus travaillée et mieux mise en scène que celle du jeu de base à sa sortie.
  • La centrale de Tchernobyl enfin explorable
  • Une finition globale nettement supérieure
  • De nouvelles armes et équipements qui enrichissent l’arsenal
  • Une Zone plus dynamique

Points faibles

  • Des problèmes techniques persistent malgré la 2.0
  • Le A-Life reste en deçà des ambitions historiques de la série
  • Quelques séquences un peu fastidieuses
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