TEST Kalanoro : Un bel hommage à la culture malgache, mais un jeu qui laisse sur sa faim

Les jeux vidéo mettent souvent en avant une histoire ou des mécaniques de gameplay destinées à divertir les joueurs. Pourtant, ils sont avant tout des œuvres culturelles, imaginées et façonnées par des femmes et des hommes issus d’horizons variés. À ce titre, ils constituent également un formidable moyen de transmettre des connaissances de manière interactive. C’est dans cette optique qu’a été développé Kalanoro, un hommage à la culture malgache qui nous invite à en apprendre davantage sur Madagascar et ses traditions à travers une aventure mêlant action, plateforme et exploration.

Testé sur PS5 Pro grâce à une version numérique fournie par l’éditeur

Une approche culturelle pertinente au gameplay perfectible

Il y a quelques années, nous avions déjà eu l’occasion de découvrir un jeu s’inscrivant dans une démarche similaire à celle de Kalanoro. Il s’agissait bien sûr de Tchia, développé par Awaceb, qui proposait un gameplay original tout en mettant en lumière la culture de la Nouvelle-Calédonie. Aujourd’hui, Kalanoro braque les projecteurs sur Madagascar, vaste île située au large de la côte sud-est de l’Afrique. Les amateurs de géographie auront d’ailleurs immédiatement reconnu sa capitale, Antananarivo. Le titre met ainsi en avant plusieurs éléments culturels propres au pays, et ce de manière particulièrement pertinente.

On y retrouve notamment des musiques traditionnelles entraînantes, mais aussi une véritable mise en avant de la gastronomie locale. Les plats préparés pour les différents personnages rencontrés au cours de l’aventure sont directement inspirés de la cuisine malgache. Une approche qui permet d’en apprendre davantage sur les habitudes alimentaires du pays, très différentes des nôtres. Côté scénario, Kalanoro s’appuie sur une intrigue relativement simple, mais qui accorde une place importante à la musique. L’île de Lémuria a besoin de votre aide pour vaincre les sbires de Raneny, une sorcière maléfique qui fait régner la terreur sur la région. Le joueur devra alors réunir une troupe de compagnons afin de mettre un terme à ses agissements.

Malheureusement, cet hommage culturel se trouve quelque peu desservi par un gameplay parfois imprécis. Si les séquences de plateforme sont correctement construites sans pour autant marquer durablement les esprits, ce sont surtout les combats qui pâtissent de ce manque de précision. Il est ainsi possible de ramasser différentes armes disséminées dans les niveaux, mais celles-ci s’avèrent souvent plus contraignantes qu’utiles. Non seulement elles n’offrent pas d’avantage significatif par rapport à l’arme de base, mais elles ralentissent également les déplacements du personnage. En revanche, l’utilisation de l’étonnante chevelure de notre héros comme principal outil de gameplay constitue une idée originale qui confère une véritable identité au titre.

Au fil de l’aventure, chaque nouvelle région explorée permet d’obtenir un pouvoir inédit. Une excellente idée qui enrichit progressivement les possibilités offertes au joueur et multiplie les interactions avec l’environnement. Ces nouvelles capacités servent notamment à résoudre les quelques énigmes qui jalonnent le parcours. La plupart des niveaux proposent par ailleurs divers collectables à récupérer, notamment des lettres et des gemmes, encourageant ainsi une exploration approfondie des décors.

En revanche, gare à l’échec : en cas de mort, le jeu vous laisse le choix entre recommencer intégralement le niveau ou dépenser 20 gemmes pour reprendre depuis le dernier point de contrôle. Une mécanique particulièrement punitive qui oblige à toujours conserver quelques ressources de côté afin d’éviter de longues séquences à recommencer.

Une traversée de l’île qui manque de soleil

Kalanoro est une petite production, et cela se ressent dès les premières minutes passées en sa compagnie. Dès le lancement sur PS5, le ton est donné : les menus sont très basiques, sans transition particulière, et les options proposées restent relativement limitées. Du côté de l’accessibilité, les paramètres se font également rares. On comprend rapidement que l’on est face à un projet disposant de moyens modestes, une impression qui se confirme une fois la partie lancée.

Développé sous Unreal Engine, Kalanoro n’a pas vocation à impressionner sur le plan technique. Le titre repose sur une réalisation 3D assez sommaire, accompagnée d’animations parfois limitées. Bien entendu, le jeu tourne de manière fluide à 60 images par seconde et nous n’avons constaté aucun ralentissement durant notre session. Malgré ses limites techniques, la direction artistique parvient toutefois à tirer son épingle du jeu grâce à quelques designs réussis.

Parmi les éléments les plus marquants, on retiendra notamment certains boss ainsi que les compagnons qui nous accompagnent durant l’aventure, tous particulièrement attachants. Dans l’ensemble, cependant, Kalanoro ne constitue pas une claque visuelle. Son univers manque de temps en temps de personnalité et l’ensemble demeure relativement générique, au point de ne pas laisser un souvenir impérissable aux joueurs.

En revanche, la partie sonore se montre davantage convaincante, même si quelques nuances s’imposent. Les musiques diffusées à bord de notre bus sont particulièrement entraînantes et participent pleinement à l’immersion dans la culture malgache. Les thèmes entendus au cours des différents niveaux nous ont toutefois moins marqués, sans jamais devenir désagréables pour autant.

Enfin, malgré la présence de nombreux dialogues, il est important de souligner qu’aucun doublage n’est proposé, que ce soit en français ou dans une autre langue. Les personnages s’expriment uniquement à travers des bruitages et des fredonnements, obligeant les joueurs à lire systématiquement les sous-titres pour suivre les échanges.

Une structure convenue avec une composante action décevante

Kalanoro est avant tout un jeu de plateforme, mais pas uniquement. Il s’agit également d’un jeu d’action intégrant de nombreuses séquences de combat. L’objectif est simple : recruter des fans à travers toute la région de Lémuria en placardant des affiches dans les différents niveaux ou en organisant des concerts grâce à un gameplay volontairement très accessible. Au fil de l’aventure, il est possible de récolter de la monnaie, mais aussi diverses matières premières servant à fabriquer de la nourriture ou du papier nécessaire à la création de ces fameuses affiches. Nos compagnons possèdent également leurs propres désirs et besoins qu’il faudra satisfaire afin de débloquer de nouvelles zones à explorer.

Cet aspect gestion de troupe constitue d’ailleurs l’une des idées les plus intéressantes du jeu. Bien que relativement simpliste une fois les mécaniques assimilées, le concept apporte une touche d’originalité bienvenue et nous n’avons pas souvenir d’avoir vu un système similaire dans une production de ce genre. En revanche, le titre montre davantage ses limites une fois les niveaux lancés. Sa structure très répétitive risque en effet de laisser certains joueurs sur leur faim : exploration, combat dans une arène dédiée, séquence de plateforme, puis retour à l’exploration, et ainsi de suite.

D’autant que les affrontements ne sont pas particulièrement captivants. La faute notamment à l’absence de système de parade, qui oblige le joueur à esquiver en permanence pour éviter les attaques ennemies. Le bestiaire propose bien quelques mécaniques spécifiques à exploiter, mais celles-ci sont rapidement recyclées tout au long de l’aventure, avec bien souvent un simple changement d’apparence pour différencier les ennemis.

Malgré ces défauts, Kalanoro reste une production modeste proposée à un tarif cohérent avec son contenu. Comptez environ quatre à cinq heures pour terminer l’aventure une première fois, puis quelques heures supplémentaires pour obtenir le 100 %, récupérer l’ensemble des collectables et débloquer le trophée Platine ou les 1 000 G de succès. Le rapport qualité-prix apparaît donc tout à fait honnête, d’autant plus que le titre est commercialisé à 19,99 € sur l’ensemble des plateformes.

En revanche, aucun mode multijoueur, qu’il soit local ou en ligne, n’est proposé. Kalanoro est donc une aventure exclusivement solo, pensée pour être vécue seul du début à la fin.

Verdict

Venu tout droit de Madagascar, Kalanoro est une production ambitieuse portée par une volonté sincère de rendre hommage à la richesse culturelle de cette immense île. Si la mise en avant des coutumes, de la musique et de l’hospitalité malgaches constitue sans conteste la principale force du titre, l’expérience peine malheureusement à convaincre sur le plan purement vidéoludique. Entre une structure répétitive, une réalisation technique en retrait par rapport aux standards actuels et des mécaniques de gameplay qui ne parviennent pas toujours à exploiter leur potentiel, l’ensemble manque d’impact malgré quelques idées originales et intéressantes. Tout n’est cependant pas à jeter et les joueurs curieux de découvrir cet univers atypique pourront y trouver leur compte. Pour notre part, malgré ses qualités culturelles indéniables, Kalanoro ne s’impose pas comme une référence du jeu de plateforme. Une démo étant toujours disponible sur Steam, rien ne vous empêche toutefois de vous faire votre propre avis avant de franchir le pas.

55/100
Score total iIl s'agit d'une appréciation générale du jeu de la part du testeur et non d'une note à proprement parler

Points forts

  • Direction artistique qui sauve les meubles esthétiquement parlant
  • L'idée d'une tournée musicale avec un bus comme hub
  • Durée de vie correcte par rapport au prix proposé
  • Les divers thèmes musicaux vivants qui rendent hommage à Madagascar
  • On apprend beaucoup de choses sur la culture malgache

Points faibles

  • Techniquement assez limité
  • Une jouabilité qui manque de précision
  • Des bugs de collision qui nuisent à l'expérience de jeu
  • Des phases de combat trop brouillonnes
  • Un projet qui aurait mérité davantage de finition (transitions inexistantes, enchaînements brutaux...)
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